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Chine - cadre géographique

Publié le lundi 17 septembre 2007

La république populaire de Chine est un des plus grands États du monde (9 561 240 km2) et le plus peuplé (1 218 millions d’habitants en 1996). À côté d’une immense majorité Han (ou chinoise proprement dite), la population comprend 55 minorités ethno-linguistiques (Ouïgours , Tibétains, Mongols, Thaïs, Hui...), qui occupent 60 p. 100 du territoire. La République populaire est divisée en 22 provinces, 4 zones municipales et 5 « régions autonomes ». Les 22 provinces comprennent 17 des « Dix-Huit Provinces » traditionnelles dont la persistance tout au long de l’histoire chinoise est un fait remarquable : Anhui, Fujian, Gansu, Guangdong, Guizhou, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shandong, Shanxi (ou Shanxi), Shaanxi (ou Shanxi), Sichuan, Yunnan, Zhejiang ; et, en outre, le Qinghai, ex-Kuku-Nor, province détachée du Tibet ; le Liaoning, le Jilin, le Heilongjiang, divisions de l’ancienne Mandchourie ; enfin, l’île de Hainan depuis 1988. Chaque province est elle-même divisée en districts ruraux (xian), dont l’unité de base est le canton rural (xiang) absorbé par les communes populaires en 1958 et ressuscité à partir de 1982 ; la plupart des provinces ont aussi des districts autonomes (zhou) et des cantons autonomes où vivent des populations minoritaires. Les quatre zones municipales (zhixiashi) sont celles des agglomérations urbaines de Pékin , Tianjin , de Shanghai et de Chongqing (Sichuan), qui bénéficient donc d’une administration indépendante de celle des provinces où elles sont situées. Les cinq régions autonomes sont : la région autonome ouïgoure du Xinjiang : capitale Ouroumtsi ; la région autonome du Tibet (Xizang), capitale Lhasa ; la région autonome de Mongolie-Intérieure (Neimenggu), capitale Houhehot ; la région autonome hui du Ningxia, capitale Yinchuan ; la région autonome zhuang du Guangxi, capitale Nanning, qui correspond à l’ancienne province de ce nom. Il est à remarquer que les principales minorités ethniques (Ouïgours, qui sont des Iraniens turquisés ; Tibétains ; Mongols ; Hui, qui sont des Han musulmans ; Zhuang, qui sont des Thaïs) bénéficient ainsi d’une certaine autonomie, mais qu’elles n’ont pas, comme l’avaient les minorités de l’ex-U.R.S.S., de « républiques » : le souci chinois d’unité et de centralisation apparaît ainsi ; les régions autonomes sont de simples parties de la république populaire de Chine, tandis que les « républiques » d’Uzbekistan, etc., formaient, au moins théoriquement, une Union des républiques socialistes soviétiques. En outre, on peut se demander pour quelle raison existe une région autonome zhuang du Guangxi, car les Zhuang n’y sont pas majoritaires pas plus que les Mongols dans la région autonome de Mongolie-Intérieure.

1. Géologie

La Chine est un vaste ensemble, essentiellement continental, qui, du point de vue géologique, forme un domaine assez homogène, où prédomine largement l’influence d’un socle ancien, repris par des plissements est-ouest calédoniens et, surtout, hercyniens. Les déformations mésozoïques ont à peine effleuré la Chine continentale, tandis que celles du Tertiaire sont localisées sur la frontière indo-tibétaine. Jusqu’au Trias, la Chine a connu un régime essentiellement marin, remplacé au Jurassique par un régime continental. Grands traits structuraux Dans toute la Chine, lato sensu, paraît exister un vieux tréfonds précambrien (ou mieux présinien), largement plissé et métamorphisé, qui affleure sous forme de vastes massifs ou au cœur des chaînes palézoïques et plus récentes. En effet, le socle présinien a subi une évolution différenciée, certaines zones restant peu déformées et évoluant en plates-formes plus ou moins submergées par les mers épicontinentales siniennes ou paléozoïques ; d’autres, allongées d’est en ouest, largement subsidentes, donnent naissance aux orogènes calédoniens et hercyniens. Les plates-formes s’alignent suivant deux bandes, grossièrement est-ouest, qui vont en s’élargissant vers l’orient. Il est possible d’y distinguer de vastes secteurs où le Présinien est à découvert et d’autres où il se cache sous une couverture sinopaléozoïque peu déformée, plus ou moins épaisse. Ces derniers secteurs sont seulement affectés de failles déterminant des horsts et des grabens ou des gondolements à large rayon de courbure (bombements et dépressions). La première bande comprend, d’ouest en est, le massif de Tsaidam, l’Altyntagh, les massifs du Beishan et de l’Alashan, puis le vaste massif de la Chine du Nord (Shanxi, Shanxi, Shandong, Henan et Jiangsu). Les massifs de Dzoungarie et de Mandchourie centrale en sont des annexes septentrionales. La bande méridionale court du Tibet à la mer de Chine en passant par le Chamdo, le Guizhou, le Guangdong et le Jiangxi. Les Hercynides, reprenant souvent les Calédonides, dessinent un Y dont les branches divergent vers l’est. La branche septentrionale, largement entamée au centre par la frontière sino-mongole, comprend à l’ouest l’Altaï et le Tianshan, à l’est le Petit et le Grand Khingan. Le socle présinien apparaît axialement par trois fois à l’ouest (zones médianes de l’Altaï et du Tianshan, Dzoungarie) et une fois à l’est (zone anticlinale d’Erlian). La branche méridionale s’étend du Xinjiang au Zhejiang, par le Kunlun et le Qinling. Elle se prolonge vers le nord-ouest à partir du Qinling (massif du Qilianshan). Le socle se montre au cœur de ce dernier, et dans le Kunlun. Les plissements mésozoïques ont affecté l’île de Taiwan et effleuré la Mandchourie. Les plissements tertiaires se manifestent essentiellement dans l’Himalaya. Des grabens se sont, d’autre part, remplis de sédiments durant le Mésozoïque (Zhering, Datong, Jiaoxiang) et le Cénozoïque (Altaï, Mandchourie, Chine du Nord). Ces fossés sont souvent obliques sur les structures hercyniennes. Paléogéographie et stratigraphie L’histoire géologique de la Chine se divise en trois périodes bien nettes, à savoir les temps présiniens, la période sinopaléozoïque et enfin la période Jurassique-Actuel. Durant la première, la Chine voit la formation de chaînes métamorphisées et granitisées, largement érodées avant le dépôt du Sinien. À la deuxième, la mer revient largement sur la Chine ; elle en occupe la majeure partie entre le bouclier mongol au nord et l’Aequinoctia au sud, dont la frange septentrionale, le long du littoral actuel, formait la Paleocathaysia. Au sein du bras de mer chinois vont se différencier des zones plus subsidentes, qui évolueront pour donner les chaînes paléozoïques, sans avoir, en général, présenté de caractères géosynclinaux bien affirmés. Les discordances sont fréquentes, tant sur les plates-formes que dans les orogènes, et rendent difficile la distinction des différents cycles orogéniques. Pour se limiter à l’essentiel, on a affaire à des mouvements calédoniens au Silurien lato sensu et au Dévonien, et à des plissements hercyniens, surtout permiens. Les orogenèses plus récentes se sont marquées, en Chine continentale, par de nombreuses discordances, dont les plus importantes se trouvent à la base et au sommet du Jurassique, au début du Paléogène et à son sommet. La stratigraphie et l’évolution tectonique des terrains présiniens demeurent mal connues. En Mandchourie et en Chine du Nord, il a été possible de mettre en évidence un géosynclinal du Wutaishan, qui se prolonge vers la Corée, rempli de sédiments métamorphisés et granitisés, plissés et arasés. Un nouveau géosynclinal, celui d’Anshan, comportant plusieurs séries, s’est alors mis en place et s’est métamorphisé et déformé avant le Sinien. Toujours discordant sur les terrains antérieurs, le Sinien (équivalent de l’Infracambrien) constitue la base de la couverture sédimentaire des plates-formes et établit un ensemble inséparable du Paléozoïque inférieur. Sa partie inférieure est surtout détritique et son sommet principalement carbonaté (calcaires à Stromatolites). Des indices de formations glaciaires (tillites) s’y observent. Sur la plate-forme sino-coréenne, on a pu reconstituer un bassin sinien est-ouest émettant deux vastes lobes dirigés vers le sud, séparés par le seuil nord-sud de Taiyuan. Ce bassin était limité vers le nord par la « barrière du Hebei » et à l’est par le bouclier coréen. Les dépôts cambriens occupent une large partie de la Chine. Ils manquent seulement avec certitude en Mandchourie. Il s’agit essentiellement de formations schisto-calcaires à Trilobites, peu épaisses en général. Le Cambrien est discordant en Mongolie et en Chine du Nord. La répartition de l’Ordovicien rappelle celle du Cambrien. Si le premier est absent dans le Gansu, il existe, au contraire, dans le nord de la Mandchourie. Au Silurien, la mer quitte la Chine du Nord, mais revient sur le Gansu. Les sédiments, durant ces périodes, sont principalement schisteux et calcaires. La lacune de l’Ordovicien, dans le Qinling, correspond à des plissements calédoniens qui se manifestent ailleurs, notamment par de nombreuses discordances. La distribution du Dévonien est calquée sur celle du Silurien. Il est généralement discordant à sa base. La sédimentation comporte, à côté des schistes et des calcaires, de nombreuses formations détritiques. Le Carbonifère s’étend sur la Mongolie, mais manque en Mandchourie. Il est largement discordant en Mongolie et dans l’est de la Chine du Sud. Le faciès dominant est celui des calcaires à Fusulines. Les calcaires à Fusulines s’étendent très largement sur les régions chinoises. Il faut signaler, dans le Sichuan, l’existence de charbons permiens. Les terrains triasiques manquent en Mandchourie et dans le Xinjiang. Ils continuent les faciès carbonatés du Permien. Au Jurassique, un vaste mouvement orogénique d’ensemble détermine l’émersion de la Chine continentale. Les faciès marins ne se rencontrent plus qu’à Taiwan et sur la frontière sino-coréenne. En revanche se déposent de puissantes séries continentales, schisteuses et détritiques qui atteignent une grande épaisseur dans les fossés d’effondrement. Le Jurassique renferme du charbon et des plantes en Dzoungarie, dans le Xinjiang, le Qinghai et le Hubei. Du pétrole se trouve dans le Jurassique inférieur de Dzoungarie. Au Crétacé, les sédiments continentaux schisto-détritiques, souvent colorés (en particulier les marnes dites « terres rouges anciennes »), continuent à s’accumuler sur l’ensemble du territoire. Ce régime continue largement au Tertiaire et l’on peut toujours distinguer des formations de piedmont, des dépôts fluviatiles ou lacustres (« terres rouges récentes » par exemple). Discordant sur les formations précédentes, le Quaternaire, qui a livré les restes du Sinanthrope près de Pékin, est célèbre pour ses lœss (terres jaunes). Les dépôts fluviatiles sont très abondants. Des formations glaciaires ou fluvioglaciaires sont bien représentées dans le Tianshan, le Henan et le Guangxi. Volcanisme et plutonisme Mis à part les temps présiniens, les principales manifestations de l’activité volcanique se répartissent, dans le temps et dans l’espace, de la manière suivante : dans le Siluro-Dévonien, tufs, rhyolites et porphyres du Sichuan ; dans le Carbonifère supérieur et moyen de l’Altaï, laves acides et tufs à végétaux ; dans le Carbonifère supérieur, porphyrites du Xinjiang, basaltes et trachytes du Petit Khingan ; au Permien, épanchement des roches basiques du Gansu et des tufs du Xinjiang ; au Jurassique, andésites et porphyres du Qinghai, diabases dans le grand Khingan, andésites et rhyolites en Mongolie-Intérieure ; au Crétacé, dans la même région, des rhyolites associées à des granites, des porphyres et des diabases dans le Jilin et dans le Fujian, des rhyobasaltes dans le Guangxi ; dans le Néogène et le Quaternaire de Mongolie, des coulées de basalte, épanchées ici et là. Les principales manifestations plutoniques se placent vers la limite Paléozoïque-Mésozoïque. Il s’agit là des granites mongols qui s’étendent depuis la Mongolie-Intérieure jusqu’à la Mandchourie. En Mongolie existent aussi des granites du Crétacé inférieur. Métamorphisme des séries post-siniennes Le Paléozoïque inférieur est fortement métamorphisé dans le Xinjiang, le Gansu et le Qinghai. Dans le Henan, le Cambro-Silurien est également affecté. Ces phénomènes sont à mettre en liaison probablement avec les plissements calédoniens. Dans le Henan, c’est le Dévonien qui est métamorphique. Dans le Sichuan, la présence de Jurassique métamorphique constitue une singularité.

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