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Accueil du site Géographica AGRO-VETO Clermont-Ferrand 1/50 000 : une carte très riche et classique

Clermont-Ferrand 1/50 000 : une carte très riche et classique

Publié le mardi 1er janvier 2008

La carte peut se résumer ainsi graphiquement, en ce qui concerne une première approche physique et humaine.

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Nous voyons immédiatement apparaître le caractère dual de cette carte ; à l’ouest une zone de moyenne montagne marquée par les volcans des Puys, à l’est une vaste plaine, basse comportant encore des reliefs résiduels, la Limagne.

Cette analyse est confirmée par l’étude rurale de la carte à travers deux communes emblématiques, Ceyssat à l’ouest et Saint-Bauzire au nord-est.

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Le caractère déprimé de la démographie est clair dans la moitié ouest de la carte, alors que le faible peuplement rural de l’est correspond à une agriculture intensive donc peu peuplante.

Les planches de paysage de la chaîne des Puys sont tout à fait révélatrices de la contrainte physique.

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A l’inverse, la Limagne offre un environnement sédimentaire aussi riche que le centre du bassin parisien, avec un openfield qui garde encore trace de son bocage laitier des siècles antérieurs.

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La grosse agglomération de Clermont Ferrand est le pôle urbain majeur de la région d’Auvergne (voir article par ce lien). Le site est un site d’abri au pied de l’escarpement de faille, le même que celui de la petite ville historique de Riom au Nord.

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Celle-ci fut le cadre d’un procès célèbre au début de l’occupation allemande, où Pétain tenta de faire condamner les dirigeants du Front populaire et où il fut plutôt ridiculisé par le talent des hommes mis en cause (Blum, Daladier entre autres). Aujourd’hui, une connurbation Riom-Clermont-Ferrand se met en place.

Clermont offre toutes les activités d’une métropole régionale, universités, centres hospitaliers, préfectures, grandes écoles, usines... Elle reste marquée par la firme Michelin à laquelle elle doit une grande partie de son développement. La photo ci-dessous montre l’implantation historique des usines dans la ville.

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Même si la firme a très sévèrement réduit son personnel à la fin du XXème siècle, elle reste l’emblème et le premier employeur de l’agglomération. Michelin est le numéro un mondial du pneumatique.

Nous proposons une schématisation de la structure urbaine de Clermont.

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voici également quelques photographies, dont certaines prise depuis le sommet du Puy de Dôme, image symbolique qui domine la ville.

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Voici également un schéma général de synthèse qui résume la carte.

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ci-dessous un article tiré des meilleures sources sur la ville.

CLERMONT-FERRAND

Clermont-Ferrand, métropole régionale de l’Auvergne, s’est établie au contact de la plaine et de la montagne. Des villes proches pouvaient se targuer d’une même situation : Montferrand, Riom, chacune ayant ses propres atouts, le pouvoir comtal à Montferrand, celui de la robe à Riom. Finalement, c’est autour de la ville de l’évêque que se fit l’unité.

Le site de Clermont-Ferrand n’était pas meilleur que celui de ses voisines. Le rebord oriental d’un cratère d’explosion offre un site dissymétrique et pas toujours commode : la ville gallo-romaine sur le long flanc sud, la ville médiévale réfugiée au sommet du court flanc nord. Mais Clermont commandait la route de l’ouest, marquée par la borne « surnaturelle » et religieuse du puy de Dôme. Et, dès le XVIIIe siècle, grâce à son modeste cours d’eau (la Tiretaine), elle devient un centre pré-industriel voué à la papeterie, au travail des cuirs, au textile et aux industries agroalimentaires. Avec 50 000 habitants vers 1850, la suprématie de Clermont en Auvergne s’est définitivement affirmée.

La révolution industrielle change encore la donne. Les industriels clermontois de l’agroalimentaire (biscotterie, pâtes alimentaires), du textile, de la mécanique sont actifs, surtout depuis que le chemin de fer leur a ouvert, en 1853, le marché national. Et la reconversion de certains d’entre eux vers la chimie du caoutchouc (Bergougnan, Torrilhon... et les frères Michelin) ne doit rien au hasard. Il s’agit d’une recherche raisonnée de secteurs économiques prometteurs par des capitaines avisés. Certes, l’hypertrophie de l’entreprise Michelin va, pendant une soixantaine d’années, masquer le reste, jusqu’à son apogée (30 000 emplois) de 1965. Mais l’industrie demeure, à côté de Michelin, et se redéploie après cette date. Aujourd’hui, avec 15 000 emplois, « Bib » ne représente plus qu’un tiers des emplois industriels de l’agglomération. Les industries agroalimentaires sont présentes (Seita, Volvic, Yoplait, Limagrain et ses filiales) au travers de grands groupes, tandis que des P.M.E. perpétuent la tradition de la métallurgie, ainsi que de la construction mécanique et électrique, et que le textile est en récession. L’essor postérieur à 1945 a surtout concerné la pharmacie et la chimie fine, avec des groupes internationaux comme Akzo, Merck-Sharp-Dohme, Trelleborg. Malheureusement, la ville ne dispose pas suffisamment d’industries high-tech, en dehors de quelques fleurons (papeterie et imprimerie de la Banque de France, maintenance aéronautique de l’A.I.A., photo-impression et photo composition).

Clermont-Ferrand a toujours été une ville tertiaire : religieuse, militaire, administrative et commerçante, s’emparant de la fonction judiciaire de Riom (qui garde toujours la cour d’appel). La régionalisation a confirmé son rôle de métropole incontestée de l’Auvergne (près de 130 000 emplois tertiaires), même si l’est de la Haute-Loire regarde vers Saint-Étienne et Lyon, tandis qu’elle attire le sud de la Nièvre, l’est de la Creuse et de la Corrèze. Elle rayonne grâce à son commerce, à sa presse (groupe Centre-France qui contrôle aussi la presse de la Nièvre, du Berry, du Limousin), son C.H.R.U., ses deux universités (30 000 étudiants) et ses sept grandes écoles (dont l’École nationale des impôts). Elle manque cependant de services privés de haut niveau (publicité, gestion, marketing, banques, assurances, finances). Elle s’appuie sur un réseau étoffé et bien distribué de villes moyennes qui lui servent de relais (Montluçon, Moulins, Vichy, Le Puy-en-Velay, Aurillac, voire Nevers ou Guéret...). Carrefour autoroutier, elle est aussi le second hub régional d’Air France, après Lyon (1 million de passagers en 2002).

L’agglomération atteint 360 000 habitants, et l’aire urbaine 410 000 habitants. Un projet de regroupement avec Vichy (80 000 hab.), Issoire (30 000 hab.), Thiers (30 000 hab.) pourrait lui donner l’illusion d’être « européenne » (projet Arvernia). Mais elle croît peu (2 000 hab. pour l’agglomération de 1990 à 1999). Cette aire s’étale sur 40 kilomètres de Riom au nord jusqu’aux portes d’Issoire au sud. Un axe transverse s’appuie sur ce premier élément, du cœur clermontois aux banlieues thiernoises, sur 40 kilomètres également. Côté ouest, la « montagne » interdit autre chose qu’une urbanisation lâche au pied des volcans et une périurbanisation au-delà. Côté plaine, la périurbanisation atteint en fait toute la Grande Limagne et les premières pentes du Livradois.

Dans ce cadre, les sites originels, aux quartiers historiques (Clermont, Montferrand, Riom), semblent bien perdus ; en effet, l’urbanisation a nappé toutes les buttes de la Limagne. C’est le domaine par excellence du pavillonnaire, souvent sur d’anciennes parcelles viticoles. À l’est, en plaine, se sont implantés les grands ensembles, les zones industrielles, les infrastructures de transport et le pavillonnaire populaire. L’ouest et ses coteaux bordiers du fossé abritent les beaux quartiers (petits collectifs et pavillonnaire aisé), appuyés sur des stations thermales chics du XIXe siècle (Royat, Châtelguyon). De grandes coupures vertes (orientées ouest-est), liées au passé volcanique tertiaire de la Limagne (plateaux basaltiques), scindent le dispositif nord-sud et l’aèrent. À l’évidence, l’organisation des transports en commun pose problème dans un tel ensemble, étalé, peu dense, mais complexe.

Christian JAMOT

Petite bibliographie indicative

P. ESTIENNE, « Clermont-Ferrand en 1972 », in Information géographique, no 5, nov.-déc. 1972 P. ESTIENNE & S. DERRUAU, « Clermont-Ferrand », in Notes et Études documentaires, no 3221, 1965 C. JAMOT, « Problèmes d’aménagement d’une métropole régionale : l’exemple de Clermont-Ferrand », in Mélanges géographiques P. Estienne, Études géographiques, Presses universitaires Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 1987 ; « Clermont-Ferrand », in Mappemonde, no 64, déc. 2001.

Voir aussi le site wikipedia consacré à Clermont-Ferrand

Ci-dessous le diaporama complet :

PDF - 2.2 Mo
Clermont-Ferrand, diaporama complet

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