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Epistémologie : article géographie partie 2

Orientations & méthodes
Publié le jeudi 8 décembre 2005

2. Orientations et méthodes Dans son souci d’une analyse globale de la surface de la Terre, le géographe se voit reprocher une prétention excessive : il toucherait à tout et resterait superficiel. Il a du reste lui-même conscience du danger. Certes, l’idéal demeure, pour lui, de dominer les divers secteurs de sa spécialité, d’être à la fois « physicien » et « humain ». Aussi bien comment n’être pas l’un et l’autre en géographie régionale ? Dans certains pays, il est encore d’usage de se spécialiser le moins possible et de démontrer, par des travaux à la fois de géographie physique et humaine, qu’on est un géographe complet. Mais il est évidemment de plus en plus utopique d’imaginer un géographe capable d’utiliser toutes les méthodes nécessaires, de connaître une documentation sans cesse accrue par la multiplication des publications non seulement de géographie, mais aussi de toutes les disciplines et techniques dites annexes. Ce serait supposer non seulement des capacités intellectuelles exceptionnelles, mais encore une organisation de la documentation qui n’existe dans aucun pays ni sous une forme internationale. La limitation de l’objet de la géographie et ses dangers Certains géographes ont cherché, surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, à délimiter la géographie en réduisant l’étendue de son objet, toujours plus démesuré par la précision et la variété croissantes des méthodes de recherche, l’amplitude grandissante de la documentation nécessaire. Mais il y a bien des façons, toutes dangereuses, de limiter l’objet de la géographie. L’une, fort simple, consiste à ignorer les méthodes nouvelles, à faire, par exemple, de la géomorphologie sans pétrographie ou sédimentologie, de la géographie économique sans utiliser les statistiques économiques ou financières. Une autre méthode limite la documentation, ignore, par exemple, les travaux étrangers, en quelque langue que ce soit, et borne ses références à une seule langue, fût-elle l’anglais. Dans un cas comme dans l’autre, c’est se condamner, à plus ou moins brève échéance, à la stérilité. Une autre tentative consiste à séparer la géographie physique et la géographie humaine. Cette coupure menace depuis longtemps. Elle résulte de causes diverses. L’une est la formation des géographes. Dans de nombreux pays, les géomorphologues reçoivent une formation de géologue, les biogéographes de biologiste, tandis que les géographes qui ont reçu une formation littéraire s’orientent de préférence vers la géographie humaine. En outre, dans les diverses sections de la géographie physique, surtout en géomorphologie, les progrès accomplis depuis la seconde moitié du XIXe siècle ont précédé ceux de la géographie humaine, grâce à une recherche plus systématique de méthodes nouvelles ou à l’adaptation de méthodes des sciences naturelles à des thèmes définis : géomorphologie structurale en fonction de la déformation des roches et de leur résistance, géomorphologie historique qui eut son heure de succès sous le nom de géomorphologie cyclique, géomorphologie dynamique, en fonction de processus dont l’étude est de plus en plus précise à l’aide de méthodes d’analyse des dépôts superficiels et des sols ainsi que d’expérimentations sur le terrain ou en laboratoire. Elle ne saurait désormais être isolée des autres sections de la géographie physique dont les méthodes se précisent en même temps (climatologie, hydrologie, etc.), car les modes d’écoulement et la pédogenèse, par exemple, dépendent des climats, mais sont déterminants pour la morphogenèse. Après avoir attiré les chercheurs par sa précision, la géomorphologie finit par en rebuter par la minutie des techniques (granulométrie, morphoscopie, etc.), qui semblent éloignées de la géographie physique proprement dite. Mais il convient de ne pas confondre les méthodes utilisables par des sciences différentes et le but propre à chaque science, pas plus en géographie physique qu’en géographie humaine. Celle-ci a progressé moins par des doctrines successives ou, au contraire, du moins en France, par des techniques, que par des thèmes, parfois des modes. D’abord simples - genres de vie ou habitat, structures agraires -, ces thèmes sont devenus de plus en plus complexes et intégrés. Ils ont pu paraître malaisément quantifiables. Mais les méthodes mathématiques, d’abord appliquées aux sciences exactes, sont utilisées chaque jour davantage dans les sciences dites humaines et, notamment, dans les diverses branches de la géographie « humaine » : géographie agraire, dont la précision va croissant, géographie de la population et, plus encore, géographie urbaine ou des rapports villes-campagnes, géographie des industries et des échanges, problèmes géographiques de l’aménagement de l’espace. Moins technique en apparence que la géographie physique, la géographie humaine devient à son tour « scientifique » et paraît davantage liée à la vie active et, par suite, plus susceptible de procurer des emplois.




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