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Epistémologie : article géographie partie 2

Orientations & méthodes
Publié le jeudi 8 décembre 2005

Les méthodes quantitatives Et pourtant une précision plus rigoureuse dans la recherche géographique, tant physique qu’humaine ou régionale, est sans cesse plus nécessaire. Les raisons en sont nombreuses : l’abondance de la documentation, souvent chiffrée ou chiffrable, fournie par des disciplines voisines ou la recherche géographique propre ; la précision croissante de cette documentation ; la multiplicité des cas, types, échantillons à analyser ; la nécessité de les emmagasiner, de les sélectionner, enfin de les utiliser. C’est pourquoi l’usage des ordinateurs est indispensable pour la documentation, utile déjà - on peut du moins le souhaiter - pour la recherche. Les géographes doivent désormais être capables de se servir du langage des mathématiques, des méthodes statistiques aussi bien en géographie physique qu’en géographie humaine. Elles seules peuvent, quand les données existent, permettre des descriptions rigoureuses et, par suite, des comparaisons, des corrélations au sein même d’un thème de recherche ou entre des régions, des périodes différentes. L’utilisation de méthodes quantitatives peut également faciliter le passage de l’explication résultant de l’analyse des faits à une interprétation théorique et par suite à l’emploi de méthodes déductives. Celles-ci ont été, il est vrai, utilisées depuis longtemps. Le déterminisme « environnementaliste » pouvait conduire à leur adoption. En géomorphologie, William Morris Davis, après avoir décrit avec précision un paysage, lui tournait ensuite le dos, dit-on, et en reconstituait théoriquement l’évolution. On a beaucoup critiqué sa théorie du cycle d’érosion normale, la notion même de cycle et de ses trois stades, celle d’érosion normale, idéalisée, avec ses lois, au point que les systèmes d’érosion en pays aride ou froid ont pu être décrits comme des « accidents ». On a pu déduire de même de quelques notions simples les modalités d’évolution des versants dans les diverses zones bioclimatiques. Pour controuvés qu’en aient été les résultats, ces déductions, comme un certain nombre d’autres, n’en ont pas moins joué un rôle utile dans la mesure où elles ont provoqué recherche et réflexion. Pour le progrès d’une science, les théories sont utiles. L’usage de méthodes nouvelles, quantitatives, en géographie, les rend un peu moins imaginatives. Des auteurs américains, anglais et suédois ont souligné l’intérêt dans la recherche géographique des théories et des modèles dont, il est vrai, bien des conceptions diverses ont été proposées. On peut, à juste titre, redouter cette notion de modèle qui, quelle qu’en soit l’acception, est une abstraction dont on croit pouvoir tirer des déductions. N’est-ce pas particulièrement dangereux en géographie ? Néanmoins, il peut sembler utile pour le progrès d’une science de sélectionner des faits, ou un groupe de faits, considérés comme significatifs et de les traiter, de les expérimenter en les utilisant comme une théorie provisoire, elle-même source de nouvelles recherches. Des travaux sur le terrain et en laboratoire, les résultats d’enquêtes internationales traités par ordinateurs peuvent être considérés ou utilisés comme des types de modèles susceptibles d’exprimer et d’expliquer l’efficacité et la répartition de systèmes d’érosion actuels. On a pu de même, en géographie humaine, construire, à l’aide de méthodes mathématiques, des modèles expliquant des réseaux urbains ou des organisations régionales. Sous cette forme technique provisoire, non contraignante, des méthodes nouvelles peuvent préciser le tissu compliqué d’interrelations entre les faits géographiques, en révéler de nouvelles et faciliter l’insertion de la recherche géographique dans le mouvement du monde vivant.




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