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Epistémologie : article géographie - partie 1

problèmes de définition
Publié le jeudi 8 décembre 2005

1. Problèmes de définition Géographie générale et géographie régionale Les géographes s’accordent à distinguer une géographie générale et une géographie régionale. La première est une analyse de l’espace généralement à petite échelle ou sous forme comparative. Elle a pour but de définir et de classer les faits et leurs combinaisons diverses qui interviennent dans l’image d’un « paysage » (landscape en anglais, Landschaft en allemand). Ces termes, il est vrai, ont été employés dans des sens très variés, selon l’échelle adoptée, selon qu’on considère ou non l’action des hommes. C’est pourquoi il y a deux géographies générales, l’une physique et l’autre humaine. La géographie physique, ou naturelle, est une science naturelle et comprend elle-même, traditionnellement, les divisions suivantes : la géomorphologie, liée à la géologie dont l’apport est nécessaire pour comprendre la structure lithologique et tectonique, à la physique et à la chimie qui permettent d’expliquer les conséquences des variations de température, des actions physiques de l’eau et des altérations, et aux autres sections de la géographie physique ; la climatologie ; l’hydrologie continentale et marine, sections dont les liens principaux avec la physique sont évidents ; la biogéographie et la géographie des sols dont les relations avec la physique et la chimie, la climatologie, plus encore la biologie végétale et animale, sont non moins nécessaires. La géographie économique et humaine comprend elle-même de nombreuses sections. On utilise souvent l’expression de géographie humaine. À vrai dire les deux épithètes sont plus explicites. Car il convient bien de distinguer d’une part une géographie humaine, la géographie de l’homme qui occupe et aménage l’espace terrestre, géographie de la population, de la répartition, du dynamisme démographique et des migrations qui la modifient, de ses structures sociales, géographie de l’occupation de l’espace agraire (ou rural) et urbain, géographie historique et politique ; d’autre part une géographie des activités humaines, de l’homme producteur, transporteur et commerçant ou, en général, actif, de l’homme consommateur, aussi, dans le cadre de systèmes de production et d’échanges qui déterminent les rapports sociaux. Il apparaît clairement que ces deux orientations de la géographie humaine sont intimement liées et qu’elles supposent des liens étroits avec l’histoire, la démographie, l’ethnologie et la sociologie, l’économie, l’urbanisme, etc. Quant à la géographie régionale, elle étudie les mêmes faits, non pour les analyser en tant que tels, à diverses échelles, sur toute la surface de la Terre, afin d’en classer les types et leurs relations diverses en précisant leur répartition, mais dans le dessein d’en définir et expliquer les combinaisons qui confèrent à une surface délimitée de la Terre une originalité particulière, naturelle et humaine, et qui définissent une région, portion de l’espace où est établie une « harmonie entre la nature et les réalisations humaines » (Vidal de La Blache). La définition d’une région a provoqué et provoque toujours beaucoup de discussions. La notion la plus élémentaire, au moins en apparence, est celle de région naturelle, définie d’abord par des traits communs d’origine morphostructurale (montagne, plaine par exemple), puis par des caractères hydrologiques (bassin), et, plus encore, bioclimatiques. Mais, là encore, les conditions naturelles peuvent ne pas être déterminantes pour définir une région ; des traditions historiques interviennent (fiefs et pays de la France féodale, par exemple), ethniques, culturelles, politiques. Facteurs naturels et facteurs humains ont une importance variable selon les zones bioclimatiques ou morphostructurales, selon les formes d’organisation économique, sociale et politique, selon les stades de développement. La région apparaît ainsi non seulement comme un état, dans l’espace, des relations entre le milieu et l’homme, mais en outre comme un moment au cours d’une évolution (d’autant plus bref que le pays est plus développé), une harmonie provisoire, fonctionnelle, centrée sur une ville et son rayonnement, sur un type d’aménagement économique, social, administratif de l’espace. Les définitions de la région peuvent donc varier autant que les types eux-mêmes. Science de l’espace et connaissance du monde actuel Science de l’espace, de sa logique et de son organisation, la géographie le conçoit dans ses aspects variés et variables, complexes quels qu’en soient l’échelle et le groupement. Ses méthodes sont les mêmes que celles des disciplines voisines, physiques ou humaines, qui en étudient les aspects particuliers. Mais, science des différenciations spatiales, qualitatives et quantitatives, des modes d’organisation et de groupements régionaux, de leurs inégalités et de leur dynamique, éventuellement de leur aménagement, la géographie diffère par ses points de vue de toutes les autres sciences. Le géographe pense que tous ceux qui s’occupent d’organisation et d’aménagement de l’espace ne sauraient faire œuvre utile s’ils ne sont géographes, le seraient-ils sans en avoir conscience. Aussi la géographie n’est-elle pas non plus ce que d’aucuns imaginent, une science de cabinet enseignée dans les écoles et les universités comme un élément de la culture générale d’un « honnête homme », par des professeurs isolés de la vie et de l’action, comme si, pour bien comprendre le monde et ses changements, il fallait se tenir à l’écart et s’en abstraire. Connaissance du monde actuel, elle n’a de sens que par un contact permanent avec ce monde mouvant. Elle ne saurait suivre étroitement la conjoncture puisqu’il n’y a de science que dans la mesure où les faits étudiés obéissent, dans une relative permanence, à des lois, où ils ne peuvent être compris, expliqués hors de relations logiques dont la conjoncture n’est qu’une image circonstancielle. Du moins la géographie serait-elle science morte si elle ne s’attachait à décrire l’évolution de notre globe, si elle ne cherchait à en définir le sens. Le vrai géographe vit le monde qu’il étudie. Il éprouve le besoin d’en acquérir une connaissance directe autant qu’il est possible, car il s’aperçoit que nul livre, si bon soit-il, ne remplace une expérience personnelle des choses et des gens. Mais il ne tient pas seulement à s’assurer une information sans cesse renouvelée, pour difficile qu’elle soit ; il découvre que sa connaissance, son expérience préparent à agir. L’action peut être conçue de bien des façons. Elle ne saurait entraîner le géographe, en tant que tel, vers une prospective, des programmations, des planifications à longue échéance. C’est l’affaire, peut-être, de l’administration ou du politique. Aussi, depuis la Seconde Guerre mondiale, oppose-t-on parfois une géographie universitaire à une géographie appliquée. Ces orientations nouvelles ont provoqué force discussions. Le géographe peut se lier, par contrat, à une administration ou à une entreprise et, à titre d’expert, fournir des rapports qui, généralement, concernent des aménagements régionaux, protection ou restauration des sols, travaux publics, études de bassins-versants ou hydrologiques, des aménagements agricoles, industriels, touristiques, urbains, des marchés, etc. Il peut se contenter, dans des travaux personnels ou collectifs, d’indiquer dans quel sens s’orientent les évolutions, quels sont les choix possibles, leurs conséquences prévisibles. Quoi qu’il en soit, on ne saurait distinguer, à cet égard, deux géographies différentes : il apparaît de plus en plus clairement qu’on ne peut concevoir une bonne géographie détachée de la réalité mouvante, que toute recherche appliquée peut présenter un intérêt « fondamental », et que toute recherche géographique, fût-elle poursuivie dans un but purement scientifique, est applicable si elle est de qualité.




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