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Epistémologie : article géographie parties 6 & 7

Publié le lundi 10 décembre 2007

6. Géographie quantitative et systémique La crise de la géographie et l’effort de théorisation Le progrès général des sciences conduit les géographes à revoir profondément les finalités de leur discipline, à transformer leurs ambitions et à adapter leurs méthodes. Ils ne peuvent surtout plus se contenter d’une démarche purement descriptive au moment où les sciences économiques s’appuient sur l’économétrie, la sociologie, la sociométrie et les sciences dites exactes, sur des outils de mesure de plus en plus précis, grâce au développement des mathématiques. C’est ainsi que, dans les années 1950, à la faveur du bouillonnement intellectuel consécutif à la Seconde Guerre mondiale et aux inévitables remises en cause, grâce aux connexions scientifiques et aux relations interdisciplinaires plus étroites à l’échelle mondiale, les géographes pionniers, qui travaillaient quelque peu à la façon des naturalistes, se sont orientés vers l’homme et la société. Sans ignorer les contraintes environnementales « et la viscosité que la distance crée dans la vie des groupes », la géographie se propose alors « de s’interroger sur le poids de l’étendue et du milieu dans l’expérience que chacun fait de l’existence et dans les articulations de la société » (P. Claval). Paul Claval oppose aussi les modèles de société à ceux de l’homme. N’a-t-on pas négligé la dimension individuelle de l’existence, tandis qu’on savait que l’être ne vivait pas seulement pour le groupe ? La recherche actuelle ouvre de nouvelles perspectives dans ce domaine, non sans replacer les problèmes, les acquis et les tendances dans leur contexte. La géographie moderne est née au tournant du XVIIIe siècle, avec une forte empreinte allemande ; son ère d’expansion rapide et de mutation se situe entre 1870 et 1900, sans toutefois être à même de se doter de bases scientifiques : une réflexion générale sur la nature des sociétés et des civilisations manque en effet, le rôle joué par l’espace également. Cette situation est en grande partie imputable à l’influence naturaliste. Entre 1900 et 1950 se développent les écoles nationales, parmi lesquelles il convient de relever tout particulièrement les écoles française, allemande et américaine, puis les écoles britannique, russe et soviétique. Le foisonnement des tendances et l’inadéquation des outils traditionnels conduisent, en fin de compte, à un certain sentiment d’insatisfaction. Philosophie et sciences sociales suscitent ainsi une volonté de changement annonciatrice de ce que Paul Claval appelle la « grande » révolution des années 1950 et 1960. Celle-ci génère la « nouvelle » géographie, très marquée par l’influence américaine, avant que les années 1970 n’entraînent la communauté géographique vers un temps de doute et d’irrésolution, au moment même où l’opinion publique change d’attitude, où se dessine une nouvelle épistémologie des sciences de l’homme et où la géographie est confrontée à un excès de révolutions scientifiques. La restructuration s’achève à la faveur de ces chocs. De science naturelle, la géographie se transforme petit à petit en science sociale dotée d’instruments d’analyse mathématique, empruntant aux sciences physiques, chimiques et biologiques lois et théories, processus et méthodes quantifiables. La conjonction de ces innovations conduit à l’élaboration de modèles découlant de conceptions systémiques. Villes et campagnes, pays industrialisés et régions sous-développées, États capitalistes et pays collectivistes donnent lieu à des éclairages qui tiennent compte de logiques appréhendées par des approches rigoureuses. À la faveur de ces tendances, paysages et régions sont perçus comme des éléments constitutifs d’une organisation actualisée de l’espace. La diversité régionale contribue à l’affinement des modèles sociaux. En somme, « la tâche à laquelle se trouvent confrontés aujourd’hui les géographes, c’est d’expliquer et de comprendre l’organisation sociale, de repérer ses faiblesses et de chercher ses bases valides là où elles existent de manière à donner à tous des modèles moins utopiques que ceux propagés par la sociologie, l’ethnologie ou l’économie » (P. Claval). Tâche ambitieuse certes, mais elle répond aux exigences d’une discipline qui s’est toujours voulue aussi proche que possible des réalités du terrain.




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