dans la marge le site

Accueil du site Géographica Espace etudiants La ville, déterminisme et liberté

La ville, déterminisme et liberté

Publié le vendredi 27 août 2010

La ville : déterminisme et liberté.

I / Le cadrage des définitions est essentiel dans ce sujet comme pour chaque dissertation : La ville peut se définir d’après Derruau ou Pierre George, de manière simplifiée :

· Pierre George (in « Dictionnaire de la géographie » - PUF) : « Groupement de population agglomérée défini par un effectif de population et par une forme d’organisation économique et sociale ».

· Brunet et alii (in « Les mots de la géographie » - RECLUS La documentation française) : « Agglomération d’immeubles et de personnes de quelque importance, qui à l’origine se distinguait de la campagne agricole. En France commune de plus de 2 000 habitants ».

· Derruau (in « Géographie humaine « - Armand Colin page 365) : « la ville est une agglomération importante aménagée pour la vie collective (cet aménagement constitue l’urbanisme) et dont une partie notable de la population vit d’activités non agricoles ... »

· Brand & Durousset (in « Dictionnaire thématique d’histoire-géographie » - Sirey) : « Une ville est une agglomération de population et de constructions rassemblant un effectif minimum de personnes ».

La liberté est un concept à la fois philosophique et juridique que l’on peut définir ainsi :

· Didier Julia in « Dictionnaire de la philosophie » - Larousse - 1984) : « notion qui se définit, négativement, comme l’absence de contrainte ; positivement, comme l’état de celui qui fait ce qu’il veut. »

· Foulquié & saint-Jean (in « Dictionnaire de la langue philosophique » - PUF)  : Condition générale de l’être pouvant agir de manière libre, c’est-à-dire : soit suivant les lois de sa nature (chute libre), soit suivant sa fantaisie (temps libre), soit suivant sa volonté (décision libre) [....] Liberté civile : pouvoir d’agir, dans les limites et sous la protection des lois, sans être contraint par d’autres. » (4 pages de définitions diverses)

Le déterminisme demande lui aussi une bonne approche de définition.

·D’après la même source que précédemment : « comme théorie : doctrine d’après laquelle les phénomènes de l’univers (ou les catégories de ces phénomènes) dépendent si étroitement de ceux qui précèdent qu’il n’y a qu’une résultante possible. [...] notion scientifique : théorie d’après laquelle, certaines conditions étant connues exactement, les faits qui s’ensuivront peuvent être prévus avec une certitude et une exactitude rigoureuses. »

· Brunet et alii  : « Doctrine qui accorde à un ordre de faits le rôle prépondérant ou exclusif dans l’enchaînement des causes. La géographie a longtemps été dominée par le déterminisme naturel, qui tendait à ramener les faits de géographie à des causes naturelles... » « A la lettre, le déterminisme n’a pas sa place en géographie, même en dehors du déterminisme naturel.. » « Déterminisme naturel : qui tient que les activités humaines sont déterminées par le milieu physique. »

II / La lecture du sens général du sujet :

La ville : déterminisme et liberté

· Les deux points ont ici un sens explicatif : le thème central est le fait urbain, que l’on définira de manière claire pour éviter tout dérapage. Ce qui va suivre nous donne le cadre précis de notre réflexion autour de la ville. Nous allons seulement nous intéresser au déterminisme et à la liberté, comme concepts intellectuels à définir (confer plus haut) · La conjonction de coordination « ET » établit une liaison entre deux éléments de même importance et mis sur le même plan. La liberté et le déterminisme sont donc ici à considérer sur le même plan, ce qui ne signifie pas que l’on aboutira à une conclusion les mettant sur un pied d’égalité. C’est le point de départ qui les pose comme équivalents. Notre démonstration peut amener à invalider cette proposition initale.

III / Quels sens précis donner à nos deux termes-clés dans le cadre de la géographie de la ville ? · Déterminisme implique qu’il y ait des déterminants et des déterminés. Il faudra donc lister les déterminants possibles dans le cadre d’une ville et ensuite construire une problématique qui permettent de les utiliser au mieux.
  déterminisme naturel
  déterminisme historique
  déterminisme culturel
  déterminisme économique pour citer les principaux. Mais la principale finesse d’un tel intitulé est la possibilité d’un retournement des déterminismes. La ville est déterminée en part plus ou moins grande selon les lieux et les époques, mais elle est également déterminante pour sa région, son pays et ses habitants. C’est ce double sens qui fait l’intérêt réel du sujet, tant il est vrai, comme le dit Brunet, que le déterminisme n’a stricto sensu rien à faire en géographie.

· Liberté mérite également d’être interrogé, car ce terme est un des plus discutés par les philosophes depuis des siècles. La liberté est un absolu moral très complexe, impossible à atteindre pour certains par essence (Saint-Augustin) et nécessaire pour d’autres (Stirner). Dans le cadre de la ville, nous pouvons évoquer :
  La liberté d’installation
  La liberté de circulation
  La liberté politique
  La liberté d’activités
  La liberté architecturale... Sachant que toutes ces libertés sont à relativiser dans le contexte actuel particulier appelé « mondialisation » où l’interdépendance peut être analysée comme une contrainte liberticide.

IV / La problématisation

Construire ensuite une problématique est une tâche assez aisée, dont nous pouvons donner ici seulement les principes d’élaboration. Le jeu relatif des déterminismes, avec leur double sens, et des libertés, avec leurs limites, constitue le cœur de la réflexion. Une ville est toujours un compromis temporaire entre des obligations et des choix plus ou moins libres. Ce qui était vrai lors de la fondation médiévale d’une cité française ou allemande n’est plus pertinent aujourd’hui, car il faut introduire des critères de pondération comme le progrès technique, la richesse et la production. La thématique de l’eau montre bien le recul déterministe pris par ce facteur, alors même que nous savons qu’il n’a pas disparu : Los Angeles est une mégalopole sise en plein désert semi-aride de Californie, mais cette liberté est illusoire, puisqu’elle est alimentée par un canal de centaines de kilomètres dérivant l’eau du Colorado, lequel canal est aujourd’hui considéré comme une cible potentielle de terrorisme biologique des plus faciles à atteindre au monde. La problématique devra donc concilier plusieurs aspects : · Le double sens du terme déterminisme qui permettra de relativiser la liberté humaine. · Les diverses formes que prend la liberté humaine. · L’état du compromis, qui peut être envisagé sous divers angles thématiques : stades de développement, aires culturelles, types de villes... Dans ce contexte, le type de plan devient alors secondaire, du moment que la pensée progresse et que le devoir aboutit à un jugement sur le jeu relatif des termes proposés : « Toute ville est un compromis sans cesse remis en jeu entre déterminismes et libertés » J.M. Dauriac (cours du 27 février 2006)

J.M. Dauriac




repondre à l'articleimprimer l'article






Plan du site avec articles.
RSS 2.0

Mes autres sites :
 Bibliathèque
 Pensée libre
 Little Romania
 Musiques et Mots
 Le Blog à Jean-mi