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La zone méditerranénenne française : géographie régionale

Publié le samedi 8 mars 2008

La zone méditerranéenne française

Nous donnons ci-dessous un montage de cours sur les trois régions qui constituent la zone méditerranéenne française. Les auteurs sont de bons géographes français (certains sont des camarades de jury). Nous adjoignons à ce texte riche des cartes prises dans des sources de qualité. Ceci constitue une bonne base pour approcher la géographie de cet espace en terme régional.

I/ LANGUEDOC-ROUSSILLON (RÉGION)

Voir le [site documentaire Magnard

[>http://geolycee.magnard.fr/premiere/languedoc-roussillon/documents]

Au début du XXIe siècle, la région du Languedoc-Roussillon compte 2,3 millions d’habitants. Gagnant en moyenne 20 000 personnes par an, elle est devenue la première région attractive de France. Mais elle est loin d’être homogène. Aux extrêmes, la Lozère (74 000 hab.), terre d’altitude, conserve les caractères du Massif central et le massif pyrénéen marque profondément ceux des Pyrénées-Orientales (395 000 hab.). L’Aude (310 000 hab.) se partage entre les influences méditerranéennes et celles de Toulouse. Le Gard (625 000 hab.) se sent rhodanien et, pour partie, plus provençal que languedocien. Reste l’Hérault, au centre, département le plus peuplé (900 000 hab.) chargé de donner sens à l’unité régionale. Car plus que son nom ne l’indique, le Languedoc-Roussillon, multiple dans ses structures géographiques, se révèle être un assemblage complexe de pays et de territoires. Le littoral, de plus en plus convoité, associe les longues langues sableuses bordées d’étangs et les rochers escarpés de la côte Vermeille. Le calcaire règne en maître dans les Garrigues, le Minervois, les Corbières, terres des extrêmes climatiques. La montagne, en retrait et en ceinture, granitique ou schisteuse, est finalement partout présente. Quant à l’avant-pays, souvent dit de plaines et de vignes, il est surtout aujourd’hui couloir de passage fortement urbanisé, regroupant infrastructures, hommes, villes et activités. Le Languedoc-Roussillon moderne est là, tout de brassages, loin des clichés admis et des images traditionnelles.

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1/ Terres et mer

Le Languedoc-Roussillon serait-il un amphithéâtre ouvert sur la mer par une succession de gradins ? L’impression dominante est bien celle d’une gradation du relief depuis la ligne tendue du trait de côte jusqu’aux hauteurs cévenoles, l’alignement pyrénéen perturbant cette belle harmonie. Entre littoral et hautes terres, distinguons les Garrigues à l’est, les Soubergues (collines du Biterrois) et le Minervois à l’ouest, les Corbières, le Razès et les Fenouillèdes en avant-pays des Pyrénées. L’ensemble esquisse un portrait varié de la région que fleuves et rivières, par leur sillon pénétrant vers l’intérieur, viennent encore compliquer. Le Tech et la Têt ont profondément creusé leur vallée (Vallespir et Conflent) entre Albères, Canigou et crêtes du Capcir. La route des piémonts, d’Alès à Saint-Pons-de-Thomières, s’achève au pied des monts de l’Espinouse, avec le sillon du Jaur prolongé par la vallée du Thoré vers Mazamet. La vallée de l’Hérault, méridienne, ouvre la route du Larzac puis se glisse en gorges et étroit couloir jusqu’aux flancs de l’Aigoual. Petits fleuves et rivières, Vidourle, Cèze et Gardons, créent des unités de vie reposant sur leur bassin hydrographique. Tout converge vers la mer sans que la région ne s’affirme au travers des activités maritimes. Le littoral, un trait de sable rectiligne et un cordon de dunes instable précédé d’un ensemble de lagunes et de marais appelés improprement « étangs » reliés à la mer par des passes ou « graus », est peu propice aux installations maritimes. Les abris sont rares ; Aigues-Mortes tôt ensablée et Sète, création tardive accrochée au môle du Saint-Clair, sont les témoins d’une histoire maritime timide. Agde n’a jamais confirmé sa place dans le commerce méditerranéen antique, ni Maguelone son rôle au Moyen Âge. Seuls les petits ports catalans de Collioure et Port-Vendres, arrimés à la terminaison des Albères, témoignent d’une culture maritime. En dehors du mont Saint-Clair (Sète) et du Saint-Loup (Agde) qui fixent le lido, les paysages du littoral sont tout de platitudes sableuses, de rencontres des eaux douces et saumâtres. L’étang abrite une faune et une flore des plus riches. Ce milieu très fragile est menacé par les pollutions contemporaines dues aux activités agricoles, au tourisme, aux inondations. Ports de loisirs creusés à même le sable, marinas et stations touristiques implantées dans les années 1970 contrastent avec les petits ports de pêche et les doublets balnéaires traditionnels des villes de l’intérieur (Canet-Plage-Perpignan ; Palavas-Montpellier ; Valras-Béziers). Port-Camargue, La Grande-Motte et le Cap d’Agde symbolisent le littoral aménagé ; à l’ouest, le schéma urbain est moins affirmé, Leucate, Barcarès, Saint-Cyprien souffrent de leur relatif isolement et de la concurrence des stations plus anciennes, Canet et Argelès-Plage.

Du Rhône à la vallée de l’Aude, la plaine littorale n’est qu’un étroit couloir résultant des atterrissements continentaux transportés par les fleuves côtiers. Aire de conquête du vignoble de masse, elle a fixé les grandes infrastructures qui jalonnent la région, ce qui accentue l’impression de couloir de passage. Très étroite et envahie par les étangs entre les Corbières et la mer, elle s’épanouit sous forme de huerta maraîchère entre l’Agly et le Tech. Vers l’ouest, la vallée de l’Aude, entre les crêtes de la Montagne d’Alaric et celles de la Montagne Noire, prolonge le couloir jusqu’au seuil de Naurouze. Déjà, les croupes du Lauragais définissent un paysage toulousain. Les paysages associant le calcaire plus ou moins ancien, plus ou moins massif et dur à une formation végétale typiquement méditerranéenne (la garrigue) donnent leur unité à la région. Vastes plateaux coupés de vallées en canyons (garrigues d’Uzès, de Nîmes et de Montpellier), dominés par quelques proéminences en « pics » (pic Saint-Loup, signal du mont Bouquet), croupes plus limoneuses du Biterrois, collines rocheuses dans le Minervois, hauteurs désertiques des Corbières profondément entaillées par l’Aude et ses affluents, jusqu’aux Aspres catalans, tout le registre du calcaire façonne un Languedoc de la pierre et de l’eau. Trop souvent absente en surface, l’eau est active en sous-sol, dessinant le monde souterrain original du karst. La montagne en surplomb ceinture et ferme les horizons. Au nord, du mont Lozère à la Montagne Noire, les terminaisons hercyniennes du Massif central forment une ligne discontinue, cassée par les tables calcaires caussenardes. L’altitude moyenne y est voisine de 1 200 mètres et la montagne s’avance en éperons, en belvédères au-dessus de l’avant-pays. Le mont Lozère partage les eaux, l’Aigoual domine la vallée de l’Hérault, le Caroux celle de l’Orb. Les rivières ont affouillé les schistes du versant méditerranéen cévenol, abrupt et escarpé, les ont découpés en « serres », interfluves étroits et étirés au-dessus des vallées, obstacles majeurs aux communications transversales. Les versants atlantiques du revers cévenol, de la Margeride et des monts de Lacaune sont plus verdoyants, aux reliefs plus doux, aux étés plus frais et aux hivers plus rudes. Au sud, avec le Canigou en avant-scène, les crêtes pyrénéennes ciselées en dentelles, creusées en auges d’origine glaciaire comblées de lacs (région du Capcir), culminent à environ 2 700 mètres. La haute montagne imprime sa marque liée au tourisme avant de tomber brutalement dans la mer par la chaîne des Albères.

2/ Une région au soleil La distribution du relief explique en grande partie les caractères du climat méditerranéen, que la montagne contraste et accentue. Les pluies cévenoles amènent plus de 2 mètres d’eau par an sur les versants de l’Aigoual ; à quelques dizaines de kilomètres, la Camargue en reçoit moins de 500 millimètres. L’hiver, les températures varient de plusieurs degrés entre le littoral et les premiers sommets : les cerisiers sont en fleur au pied des neiges du Canigou. Peut-on pour autant parler d’un climat languedocien avec son appendice roussillonnais alors que les caractéristiques régionales sont provençales à l’est et toulousaines, avec le vent d’autan, à l’ouest ? Le soleil - c’est une des régions de France les plus ensoleillées avec plus de 2 500 heures d’insolation annuelle moyenne - et le vent, du nord (mistral), du nord-ouest (cers et tramontane), du midi (grec, marin, narbonnais) unifient et donnent sens aux nuances régionales. Le déroulement des saisons raccourcit la transition printanière, rend les automnes agréables sitôt les tourments de l’équinoxe apaisés. Les hivers sont doux et les étés torrides, mais le plus déterminant tient aux excès et aux irrégularités notamment des précipitations.

La végétation s’adapte aux particularités du milieu. L’arbre, devenu rare sous les agressions de l’incendie et des coupes, fait l’objet de reconquêtes depuis le reboisement de l’Aigoual à la fin du XIXe siècle. Le chêne vert est dominant sur calcaire, accompagné du pin, d’ornement lorsqu’il est parasol, du chêne kermès après l’incendie, des graminées et d’un cortège de plantes odorantes et épineuses. Le châtaignier lui succède sur les premières pentes, plus haut le hêtre (fayard) et les conifères prennent le relais. Mais la garrigue reste la formation dominante, d’origine anthropique dans sa constitution actuelle.

Jean-Paul VOLLE

3/ Vignobles : l’évolution vers la qualité

Les mutations récentes de l’agriculture régionale sont liées au nécessaire passage à des systèmes culturaux intensifs associés à des concurrences européennes et mondiales plus vives. Depuis 1990, l’agriculture a perdu plus de 25 000 exploitations et les quelque 40 000 qui subsistent en 2000 gèrent 981 000 hectares. Leur taille moyenne atteint 25 hectares et les petites exploitations (moins de 10 ha), qui représentent aujourd’hui moins de la moitié du total, ne contrôlent plus que 7% de la surface agricole utilisée.

En Lozère, les surfaces toujours en herbe occupent 85% des terres agricoles et l’élevage, bovin et ovin, pour le lait ou la viande, est dominant. Partout ailleurs, la vigne occupe l’essentiel des surfaces, jusqu’à 52% de la surface utilisée dans l’Hérault . Les emblavures sont présentes dans l’Aude et le Gard, qui assurent la quasi-totalité de la production régionale de céréales, notamment de blé dur et d’oléagineux (tournesol). Le Gard, dont l’agriculture est plus diversifiée, produit en abondance des fruits à noyaux et pépins, des asperges et des tomates. La pommeraie héraultaise, qui couvre encore plus de 1 000 hectares, a souvent laissé place aux cultures de melons et tomates. Fruits et légumes (cultures sous serres) caractérisent la huerta roussillonnaise, mais les plus belles réussites en ce domaine accompagnent les parcelles irriguées par le canal du Bas-Rhône-Languedoc en Costières de Nîmes et Lunellois.

Occupant près de 300 000 hectares avec une production moyenne annuelle de 18 millions d’hectolitres, la viticulture est le principal moteur de l’évolution qualitative de l’agriculture languedocienne. Depuis le début des années 1970, l’activité viticole régionale a connu de profonds bouleversements, conduisant à la production de vins de qualité. Cette reconversion du vignoble de masse s’appuie sur une triple démarche.

La première, grâce aux aides directes (État et Union européenne) versées aux producteurs, tend à réduire l’assiette viticole tout en améliorant les encépagements. En trente ans, plus d’un tiers des superficies plantées en vigne a été arraché définitivement ou replanté en cépages « améliorateurs ». Le grenache, la syrah, le carignan, cépages régionaux conservés, voisinent avec le cabernet franc, le cabernet sauvignon et le merlot, récemment introduits. Le vignoble, longtemps homogène, tend à se diversifier. Globalement, les cépages régionaux se développent sur les hauteurs, dans les zones d’appellation d’origine contrôlée (A.O.C.). À l’inverse, les cépages améliorateurs extérieurs dominent sur le pourtour littoral, là où s’expriment de nouveaux types de vins, de « pays » et de cépages.

La deuxième démarche de restructuration débouche, par concentration, sur la disparition rapide de nombreuses petites exploitations. Les caves coopératives connaissent la même évolution, cessent toute activité ou fusionnent. Les unités de production améliorent leurs techniques de vinification, de conservation et de conditionnement, afin d’obtenir des vins plus différenciés répondant mieux aux goûts des consommateurs.

La troisième démarche repose sur des politiques de commercialisation ciblées et plus soutenues, pour assurer de nouveaux débouchés à une production de qualité.

Moins affecté par les arrachages, le département de l’Hérault se démarque de l’Aude et du Gard. Il reste plus viticole et les petites exploitations (moins de 5 ha) y sont encore nombreuses.

Ces changements ont permis à la viticulture languedocienne de maintenir son poids dans l’économie régionale, sans pour autant s’extraire des nouvelles conditions de marché et de concurrence.

Laurence FABBRI

4/ Nouvelles industries

Avec 1,8% des effectifs de l’industrie française et de la valeur ajoutée produite par ce secteur, le Languedoc-Roussillon compte peu. Tous les indicateurs le confirment : 81 800 emplois dans l’industrie en 1999 pour 755 500 emplois dans la région, seulement 17% de la valeur ajoutée régionale, perte régulière d’activités et d’emplois depuis les années 1960, long nécrologe d’entreprises dont seul le nom reste dans les mémoires, dix entreprises seulement dépassant le seuil de 500 salariés. Le faible dynamisme conjoncturel cache en fait le double visage de l’industrie régionale. Le Languedoc, classé parmi les premières régions manufacturières en 1789, ne connaît pas les bouleversements de la révolution industrielle au XIXe siècle. Investissant massivement dans la viticulture, ses élites délaissent le profit industriel, incertain, pour une rente foncière assurée. Le textile et le charbon, la métallurgie ne seront finalement que des tentatives très localisées, liées aux richesses naturelles et au savoir-faire d’une main-d’œuvre mal rétribuée. Les mines (charbon, plomb, zinc, argent, or...) ont fermé, les industries « traditionnelles » du textile, de l’habillement, du cuir, de la chaussure ne représentent plus que quelques dizaines de petits établissements, après avoir animé villes et campagnes des piémonts et vallées. Les bassins de Ganges-Le Vigan, Lodève et Limoux se démarquent encore par une part plus importante de l’emploi industriel, mais leur participation à la production régionale compte peu et leur avenir reste préoccupant. Ceux d’Alès (anciennement minier, toujours spécialisé dans la production d’appareils électriques, la mécanique, la chimie) et de Bagnols-sur-Cèze (nucléaire et métallurgie), malgré leur poids industriel, disposent d’une infrastructure tertiaire qui les rapproche du profil des bassins d’emploi des grandes villes. Car c’est autour de Montpellier et de Nîmes que l’on trouve aujourd’hui les établissements les plus dynamiques dans l’agro-alimentaire, la chimie pharmaceutique, l’électronique, l’informatique, les instruments de mesure et l’appareillage médical, les technologies de l’information et des communications. Les départements du Gard et de l’Hérault représentent près des trois quarts de l’emploi industriel total, plus de 80% des nouveaux emplois. L’américain I.B.M., qui s’installe à Montpellier en 1965, sert d’exemple aux industries modernes caractérisées par la sous-traitance, la petite voire la toute petite entreprise, une grande mobilité, une forte capacité d’innovation, la recherche de la performance. À leur côté, on retiendra quelques grands établissements à rayonnement international, Sanofi Chimie, les cafés Jacques Vabre, Alstom et Dell Computer, Perrier et les Salins du Midi, Éminence, le C.E.A. et la Cogema parmi les quelque 800 établissements de plus de vingt salariés ; un tiers d’entre eux enregistrent aujourd’hui des participations financières étrangères.

5/ Services et tourisme Longtemps considérés comme une forme de « parasitisme » économique, les services, privés ou publics, à la personne et à l’entreprise, sont en progression constante. Le tertiaire (125 000 établissements) est devenu le moteur de l’économie en Languedoc-Roussillon. Il accompagne l’expansion démographique régionale : depuis 1980, la région est passée de 1,9 à 2,3 millions d’habitants et le tertiaire a gagné 150 000 emplois. En 1999, il représentait 575 500 emplois (77% de l’emploi régional). Le commerce, l’éducation, la santé et l’action sociale, les activités de conseils et assistance aux entreprises sont les secteurs les mieux représentés. Le tourisme et l’immobilier, l’importance de la recherche et des emplois administratifs expliquent aussi l’essor continu du tertiaire. Le secteur public contribue pour un tiers à l’emploi tertiaire régional, mais ses effectifs sont relativement stables. Le tertiaire a permis une croissance régulière de l’emploi féminin : neuf femmes actives sur dix travaillent dans les services, mais souvent à temps partiel et pour des emplois précaires ou peu qualifiés.

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Le tourisme, bien établi, participe aussi à la croissance des emplois tertiaires. Riche de quelque 45 000 actifs, il est créateur d’emplois saisonniers destinés à assurer plus de 120 millions de nuitées par an. Malgré sa forte saisonnalité, il place la région au troisième rang national. Mais les stations, Port-Camargue, La Grande-Motte, le Cap d’Agde, Gruissan, Leucate-Barcarès, créées par la mission Racine à la fin des années 1960, ont vieilli et ne répondent plus de manière satisfaisante aux demandes de la clientèle. Une nouvelle « mission littoral » définie par l’État et un Conseil de développement du littoral doivent tout à la fois procéder à une expertise de la situation, définir une politique globale de requalification de l’immobilier, de protection des espaces naturels très sensibles à l’érosion marine, coordonner les actions locales, enfin mobiliser les fonds et aides indispensables. Thermalisme, tourisme de passage urbain, tourisme vert de la résidence secondaire, de la randonnée et des activités de pleine nature, et tourisme « blanc » des sports d’hiver dans les Pyrénées complètent le tableau.

La richesse régionale provient à 80% du tertiaire et le tourisme a dépassé l’agriculture dans la constitution du produit intérieur brut régional. Rapporté au nombre d’habitants, cet indicateur classe le Languedoc-Roussillon au dernier rang national, classement qui traduit les difficultés d’une région peu industrialisée, peu productive et à faible valeur ajoutée.

6/ Une région de villes Le Languedoc-Roussillon est maillé par un réseau de villes trouvant leur fondement dans la pax romana, dans les activités marchandes et manufacturières de l’âge classique, rarement dans l’essor de la mine ou de l’industrie. La ville contemporaine est en fait liée à la rente viticole, dont l’appropriation légitime la richesse des bourgeoisies citadines, confirme les capitales, explique les concurrences entre les cités (Montpellier-Nîmes, Béziers-Narbonne). La crise viticole tarit la rente et modifie le rapport de la ville à la campagne, alors que la société languedocienne s’urbanise selon le mode de la diffusion périphérique et de la métropolisation. Dans un Languedoc-Roussillon aux structures territoriales de plus en plus déséquilibrées, Montpellier s’affirme face aux aires métropolitaines de Lyon, Marseille, Toulouse et Barcelone. Depuis 1960, les apports démographiques extérieurs - rapatriés d’Afrique du Nord, migrants en provenance des régions et métropoles françaises - sont constants. Ils expliquent la croissance généralisée des aires urbaines et les contrastes de répartition. Les terres du vide ont progressé : si 50% de la population vit sur 5,5% du territoire le plus urbanisé, 5% occupe 52% de l’espace régional. La nouvelle société urbaine du Languedoc-Roussillon vit largement à la périphérie des villes et à moins de 30 kilomètres de la Méditerranée. Elle se concentre dans l’espace urbanisé qui court de Sète à la vallée du Rhône (3 000 km2), rejoignant l’aire d’influence de la métropole marseillaise. Montpellier et Nîmes assurent la dynamique de cet espace qui compte près d’un million d’habitants et devrait recevoir 350 000 habitants supplémentaires d’ici à 2020 (75% de la croissance régionale). Ce modèle spatial dominant témoigne des transformations récentes des territoires par l’urbanisation. Il s’oppose à celui de la ville au cœur de ses campagnes, représenté par les villes moyennes du Languedoc occidental et par Perpignan en Roussillon.

Jean-Paul VOLLE

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Bibliographie indicative J.-C. BOUSQUET, Géologie du Languedoc-Roussillon, Presses du Languedoc, Montpellier, 1997 R. BRUNET dir., Atlas permanent de la région Languedoc-Roussillon, G.I.P.-Reclus, Montpellier, 1990 R. DUGRAND, Villes et campagnes en Bas-Languedoc, P.U.F., Paris, 1963 R. FERRAS, 99 Réponses sur le Languedoc-Roussillon, C.R.D.P., Montpellier, 1998 ; « Le Languedoc-Roussillon », in Géopolitique des régions françaises, Y. Lacoste dir., Flammarion, Paris, 1986 R. FERRAS & J.-P. VOLLE, « Cadre naturel, histoires naturelles » et « Économie » (chap. IV et V), in Le Languedoc méditerranéen, éd. C. Bonneton, Paris, 1989 ; Languedoc-Roussillon, région de la France du Sud et de l’Europe du Nord, Bréal, Paris, 1989 Y. GILBERT, Le Languedoc et ses images. Entre terroir et territoire, L’Harmattan, Paris, 1989 I.N.S.E.E., Tableaux de l’économie du Languedoc-Roussillon, Montpellier, 2001 Languedoc-Roussillon 2000-2020, Schéma régional d’aménagement et de développement du territoire, Région Languedoc-Roussillon, Montpellier, 2000 R. PECH, Entreprise viticole et capitalisme en Languedoc-Roussillon, du phylloxéra aux crises de mévente, université de Toulouse-Le-Mirail, 1975 P. RACINE, Mission impossible ? L’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon, Midi libre, Montpellier, 1980. Revues Bulletin de la Société languedocienne de Géographie, université Paul-Valéry, Montpellier Pôle Sud, Revue de Science politique, Montpellier Revue de l’économie méridionale, université Paul-Valéry, Montpellier.

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      - le Août 2013 2013
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