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La zone méditerranénenne française : géographie régionale

Publié le samedi 8 mars 2008

II/ PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR (RÉGION)

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La région de Provence-Alpes-Côte d’Azur (P.A.C.A.) est, depuis 1983, une des vingt-six régions politiques françaises, dites de décentralisation. Elle regroupait 4,5 millions d’habitants lors du recensement de 1999. Plus de 80% de la population vit et travaille dans les trois départements littoraux (Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes). Les deux départements alpins (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes) n’ont que 270 000 habitants. Mais ils connaissent, depuis 1975, un regain démographique assez sensible après plus d’un siècle d’exode rural. Le Vaucluse, enfin, compte un peu plus de 10% du total de la population de la région. Celle-ci se situe au troisième rang des régions françaises (pour la population et pour le produit intérieur brut, le quart de l’Île-de-France ; les trois quarts de Rhône-Alpes). Ses six départements sont inscrits dans le périmètre, approximatif, de l’aire d’influence (commerciale, financière, universitaire, sanitaire) de Marseille dans les années 1960-1970, époque de la création des régions de déconcentration des grandes administrations.

1. L’unité de la région

La région n’a pas d’unité physique : au nord, les haut et moyen pays correspondent à la terminaison de la montagne alpine. À l’ouest, de grandes plaines (Comtat, Crau et Camargue) caractérisent la basse vallée du Rhône. Le fleuve, longtemps frontière entre Royaume de France et Saint Empire romain germanique, est aujourd’hui un axe de circulation et de concentration urbaine. Au centre, la vallée de la Durance, large couloir qui coupe la région en deux grands domaines de collines et de montagnes, joue le rôle d’épine dorsale du territoire. Au sud, des chaînons calcaires séparent des bassins argileux. En bordure de la mer Méditerranée, les plaines littorales, fermées vers l’intérieur par des massifs montagneux, ourlent de vastes rades et baies à vocation portuaire (Fos-sur-Mer, Marseille , La Ciotat, Toulon, Saint-Tropez, Antibes, Cannes, Nice, Villefranche, Menton).

La région se divise en plusieurs sous-ensembles territoriaux correspondant aux aires d’influence des grandes villes : au sud-est, celle de Nice , débordant très largement sur la montagne au nord ; au centre-sud, celle de Toulon ; au sud-ouest celle de Marseille - Aix-en-Provence ; à l’ouest celle d’Avignon, qui couvre une large partie de la vallée du Rhône ; au centre-nord, aucune ville majeure n’encadre le domaine alpin partagé entre les aires d’influence de Grenoble au nord, de Nice à l’est et de Marseille au centre.

La région a cependant une grande unité culturelle. Elle correspond à la Provincia romana et aux terres de civilisation occitane (langue provençale). Les systèmes agraires sont fondés sur la culture du blé dur, de la vigne, de l’olivier et sur l’élevage des moutons. Elle est perçue à partir d’images sensibles : le soleil, le vent, la lumière du ciel, les ombres dans les ruelles des villages et des vieux quartiers urbains, la mer, la garrigue sur les collines, les gros villages urbanisés, groupés, circulaires, souvent perchés sur les versants des collines , sur les lignes de front des plateaux calcaires, sur les buttes dans les régions de plaine. C’est peut-être en Provence que, depuis les temps les plus lointains, un équilibre subtil s’est établi entre campagnes et villes. Il semble se maintenir en dépit de la très forte croissance urbaine. Il explique, sans aucun doute, la permanence des traditions agraires dans la nourriture, les meubles, les costumes, les formes et l’architecture des maisons rurales et urbaines, dans le goût pour la chasse et le cabanon, dans le renouveau des fêtes villageoises et de la langue d’oc.

2. Un dynamisme démographique puissant

De 1860 à 1950, les écarts démographiques se creusent entre les départements. Les Alpes-de-Haute-Provence (appelées Basses-Alpes jusqu’en 1970) et les Hautes-Alpes se dépeuplent sous l’effet de l’exode rural. Le développement du bas pays, celui de la vallée du Rhône et des plaines littorales, précipite la ruine des modes de vie traditionnels de la montagne. La croissance démographique est relativement modérée dans le département du Vaucluse, demeuré rural. En revanche, la poussée est très forte dans les Bouches-du-Rhône, en raison des retombées du développement économique du port de Marseille et de l’essor des activités industrielles liées au commerce colonial (savonneries, huileries, sucreries, minoteries) et aux ressources locales du sous-sol (argiles pour la fabrication des tuiles et briques, extraction du charbon, traitement de la bauxite) ; puis à l’arrivée du pétrole importé, dès 1936, sur les rives de l’étang de Berre. Les Alpes-Maritimes ont connu une forte croissance démographique à partir du rattachement du comté de Nice à la France en 1860. Dans le Var, la poussée démographique est liée à l’expansion des activités militaires à Toulon et au développement des chantiers navals. À partir de 1950, le déséquilibre entre régions intérieures et régions périphériques s’accentue. Il a pour moteur des flux migratoires intenses vers les régions littorales et la vallée du Rhône : rapatriés européens venus d’Afrique du Nord ; immigrés étrangers venus des pays méditerranéens moins développés (Espagne, Portugal) et surtout d’Afrique du Nord (plusieurs centaines de milliers entre 1960 et 1975) ; Français venus de toutes les régions françaises, attirés par le soleil et les offres d’emplois dans les secteurs agricoles, industriels et tertiaires. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur passe de 2,5 millions d’habitants à 4,5 millions entre le milieu et la fin du XXe siècle. Ce quasi-doublement de population, en un demi-siècle, est un des plus élevés de France. Depuis 1975, on assiste à une reprise sensible de la population des Alpes du Sud, qui ont pratiquement retrouvé leur population du début du XIXe siècle. Mais le renouveau ne concerne que les villes et les communes périurbaines d’une part, et les communes rurales à fonction touristique et de loisirs d’autre part. Dans les communes exclusivement rurales, à l’écart des grands axes de circulation, et très éloignées des villes, le dépeuplement continue.

Dans les années 2000, quatre aires de forte concentration de peuplement, structurées par les grandes villes, s’individualisent :

- autour d’Avignon et des villes moyennes qui lui servent de relais (de Nyons dans la Drôme, à Carpentras, Cavaillon, Tarascon et Arles) : 400 000 habitants environ ;

- autour d’Aix-en-Provence, de Marseille et de leur couronne : 1 500 000 habitants environ ;

- autour de Toulon et des petites villes qui s’organisent en nébuleuse autour de la préfecture du Var : 800 000 habitants environ ;

- autour de Nice et des villes de la région littorale qui s’étend de Menton à l’est, à Saint-Raphaël et Fréjus, à l’ouest, à Grasse au nord : 1 000 000 d’habitants environ.

3. Un espace profondément urbanisé

Depuis 1950, parallèlement à la croissance démographique, le dynamisme des villes est très soutenu. Les bourgs sont devenus des villes de services. Leur rôle local s’est accru. Ils étaient jadis uniquement des pôles de commercialisation de produits agricoles. Ils concentrent aujourd’hui, dans une des deux ou trois rues centrales, souvent « piétonnisées », des commerces plus exceptionnels, des services financiers et bancaires, des services médicaux, administratifs, sportifs et culturels. Les petites villes ont vu leur pouvoir de commandement s’accroître parallèlement à l’augmentation de population. Des équipements scolaires, sociaux, sportifs ont été construits. Des zones industrielles, de tailles diverses, ont été aménagées à leur périphérie. Les villes moyennes (plus de 20 000 habitants) ont aujourd’hui des équipements de service de haut niveau, aussi bien au plan commercial que culturel, sanitaire ou sportif. Leur aire d’influence s’est considérablement renforcée. Les grandes villes (Marseille-Aix, Nice, Toulon, Avignon) ont connu un rythme de croissance soutenu pendant la période de fort développement économique qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale (accroissement naturel plus fort ; soldes migratoires élevés, liés aux créations d’emplois pour les actifs et à l’héliotropisme pour les retraités). Il semble s’être ralenti depuis 1975. La « vieille ville » (centre ancien) a connu une diminution d’habitants dont les causes sont la « décohabitation » (la famille conjugale ou monoparentale remplace la famille élargie) et la disparition de logements au profit des bureaux ; ou la destruction d’îlots insalubres. Le pouvoir de commandement des très grandes villes a considérablement augmenté. La concentration des activités du tertiaire supérieur dans les centres des villes de Nice et de Marseille, laisse entrevoir une « métropolisation » naissante, marquée par la concentration des établissements de gestion des affaires, de conception, de communication, de production de nouvelles technologies, d’enseignement supérieur et de culture, de services orientés vers le développement économique. Ils se regroupent dans des pôles décisionnels où se côtoient bureaux, hôtellerie et restauration de luxe, et résidences destinées aux couches moyennes et supérieures. La population des communes périurbaines a augmenté de manière explosive depuis les années 1960. Le phénomène se mesure au rayon et à la complexité des migrations alternantes entre communes et à l’étalement spatial des résidences (pour les deux tiers pavillonnaires). La partie orientale des Bouches-du-Rhône, à l’est d’une ligne Fos-sur-Mer - Avignon, est aujourd’hui une vaste aire urbanisée dans laquelle il est difficile de séparer les faisceaux migratoires quotidiens qui se dirigent vers Aix, de ceux qui s’orientent vers les villes de l’étang de Berre ou vers Marseille (carte 1). Il en est de même pour la partie littorale du département du Var autour du pôle de Toulon ; et pour la région urbaine de Cannes-Grasse-Antibes-Nice-Monaco-Menton. Le village rural groupé, souvent perché ou semi-perché, qui avait constitué pendant des siècles une entité fermée (quelquefois par des remparts) est aujourd’hui profondément bouleversé dans ses paysages et dans sa composition sociale par la diffusion de l’habitat pavillonnaire ou de petits collectifs urbains. Les idéologies sociales de l’environnement et du patrimoine rural expliquent la périurbanisation dont le vecteur est l’automobile.

4. Une mutation sociale de grande ampleur Croissance de la population et urbanisation se sont accompagnées de profondes transformations de la société. Depuis les années 1950, deux paysans sur trois ont quitté le travail de la terre. Ce mouvement a été très accusé pendant la période de forte croissance industrielle et tertiaire (1960-1980). L’ampleur de la diminution de l’emploi agricole s’explique, d’une part, par des causes générales liées à l’évolution de la société française ; et, d’autre part, par des faits propres à la région. Les exploitations agricoles sont, en moyenne, trop petites (la moitié de la moyenne nationale) pour assurer des revenus suffisants aux agriculteurs. Le prix très élevé de la terre (en raison de la forte demande en terrains à bâtir par les citadins) limite l’agrandissement ou l’installation des exploitants et favorise les ventes de terrains agricoles dans les zones les plus urbanisées (communes périurbaines et touristiques). À l’aube du XXIe siècle, la Provence-Alpes-Côte d’Azur compte moins de 30 000 exploitations.

La région demeure cependant une des régions agricoles les plus productives de France, aussi bien par exploitation que par hectare de terre cultivée. Les fleurons en sont les légumes (la tomate de Provence), les fruits (pommes et poires), les fleurs et le vin (production moyenne annuelle de plus de 3 millions d’hectolitres d’A.O.C, dont des crus réputés (Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Beaume-de-Venise, Cassis, Bandol). On dénombrait, au milieu du XXe siècle, environ 300 000 actifs industriels (bâtiment et travaux publics inclus) ; ils sont 280 000 en 2000. Entre-temps, la population active a augmenté de plus d’1 million de personnes. La croissance des emplois industriels a été assez notable jusqu’en 1970-1975. Mais, depuis une vingtaine d’années, l’industrie connaît une contraction sévère, liée au passage de la société industrielle à la société technologique (forte diminution d’effectifs dans les grands établissements industriels qui représentaient plus du tiers des effectifs dans les années 1960). Comparée à l’augmentation de la population active, l’augmentation des emplois offerts par l’industrie proprement dite est très insuffisante, ce qui a fait parler de « sous-développement industriel » (carte 2). En 2000, le poids relatif de l’emploi industriel est de plus de 5 points inférieur à la moyenne nationale. Des mouvements de sens contraire expliquent la relative stagnation de l’emploi industriel. Les industries nées au XIXe siècle (dites traditionnelles) ont connu de fortes réductions d’effectifs : les industries agroalimentaires, à cause des fermetures d’établissements et des concentrations d’entreprises ; la construction et la réparation navales, en raison de la diminution des frets des transports maritimes et du désarmement de nombreux navires pétroliers ; les industries du bois et du cuir, les textiles, les industries mécaniques, à structure de petites entreprises, à cause de regroupements ou de faillites. En revanche, des branches dites « modernes », conquérantes sur les marchés, ont connu, jusqu’au milieu des années 1970, des créations d’emplois assez nombreuses. Elles ont été l’œuvre d’établissements de grande taille, appartenant à des sociétés internationales (industries aéronautiques, pétrole, chimie, plastiques, sidérurgie, métaux non ferreux). Depuis 1975, l’industrie subit une contraction de grande ampleur de ses effectifs, non seulement dans les petites et moyennes entreprises des industries traditionnelles mais également dans les grands établissements où l’introduction des nouvelles technologies de production (robotique, intelligence artificielle, informatique) a conduit à des diminutions d’effectifs dans une conjoncture de concurrence internationale. Entre 1975 et 2000, les usines des grandes sociétés du raffinage, de la pétrochimie, de la sidérurgie, de l’aluminium, de la métallurgie lourde ont perdu plus de la moitié de leurs salariés. La contraction des effectifs frappe, en troisième lieu, le secteur du bâtiment et des travaux publics (de près de moitié entre 1970 et 2000) ; la cause en est l’achèvement des grands travaux publics et la fin des mises en chantier des grands collectifs de logements. Depuis les années 1980, la région tente une reconversion industrielle dans les secteurs plus modernes de la nouvelle économie, fondée sur les technologies de pointe (industries de l’électronique, de l’informatique, de la robotique ; des biotechnologies ; des industries sous-marines). La recherche-développement joue désormais un rôle fondamental dans l’économie régionale. La région compte plus de dix mille chercheurs en 2000, soit 7,5% du total national dans la recherche publique. Pour la recherche privée, les effectifs atteignent 8 500 personnes, soit 5% de l’effectif national. Cette dernière est le fait soit d’entreprises de recherche spécialisées dans certains domaines (telle la Comex à Marseille dans l’océanographie), soit de départements autonomes créés par les grandes sociétés industrielles. Le Centre d’études nucléaires de Cadarache (dépendant du C.E.A.) est de loin le centre de recherches le plus important de la région dans le domaine des applications de l’énergie nucléaire.

Les parcs d’activités industrielles et les technopôles de Marseille, Aix-en-Provence, Nice, Toulon, Avignon, ont vu s’implanter, depuis les années 1970, des entreprises utilisant les technologies nouvelles ou fabriquant des produits innovants : Sophia-Antipolis près de Nice ; Var-Technopôle à Toulon, Marseille-Provence Technopôle (sites de Château-Gombert et de Luminy) ; Aix 2000 ; Avignon-Montfavet (Agroparc) ; Manosque-Cadarache ; Micropolis à Gap. Le secteur tertiaire est aujourd’hui en plein expansion en région P.A.C.A. : 80% des personnes actives exercent un métier tertiaire en 2000.

Toutefois, comparée à la moyenne française, la région a davantage d’emplois dans les transports, les commerces, les entreprises de loisirs, les services de santé, les professions libérales. C’est sans doute l’effet de l’importance prise depuis longtemps par les échanges, le tourisme et l’accueil de retraités, les loisirs et le développement des résidences secondaires. C’est également une conséquence de la forte croissance urbaine et du développement de la vie de relations (flux interurbains intenses), le taux d’urbanisation dépassant 80%.

Les activités liées aux échanges et aux transports ont été multipliées par deux depuis 1975 dans les villes du littoral et de la vallée du Rhône. Partout, l’encadrement social et administratif s’est fortement accru, sous l’effet de l’augmentation de la population : développement des services destinés aux familles et aux entreprises (augmentation du nombre des fonctionnaires de l’État et des collectivités territoriales, qui représentent le tiers des actifs du tertiaire). Le dynamisme des activités de formation et de recherche universitaire est remarquable (pôles universitaires de Nice, de Marseille, de Toulon, d’Aix-en-Provence, d’Avignon, de Gap et de Digne, d’Arles). Enfin la diffusion de la fonction d’accueil touristique est générale dans toutes les communes de la région.

Le tertiaire est aussi un secteur refuge pour ceux qui ne trouvent pas de travail dans l’agriculture ou l’industrie. Or les taux de chômage atteignaient près de 15% en Provence-Alpes-Côte-d’Azur dans la décennie 1990-2000. Les villes concentrent les quatre cinquièmes des emplois tertiaires. Ceux-ci occupent toujours plus des deux tiers des actifs urbains, et jusqu’à 80% dans les grandes villes (Aix, Avignon, Marseille, Nice, Toulon).

5. La première région de tourisme estival

Le tourisme est une activité majeure de la région, qui arrive très largement en tête des régions françaises en été. La fréquentation touristique s’élève à près de 250 millions de nuitées par an dont près de 80% sont dénombrées en été. Plusieurs types de vacanciers se côtoient dans les villes et villages : les touristes venus de l’étranger (U.E. et États-Unis) représentent environ 50% de la fréquentation des hôtels ; les vacanciers venus des régions françaises les plus urbanisées forment les gros bataillons de touristes, un quart vient de l’Île-de-France, un autre quart de Rhône-Alpes, le reste des régions de l’Est et du Nord. En été, les départements littoraux concentrent les trois quarts des nuitées touristiques. En hiver, la fréquentation touristique est plus modeste. Les Alpes du Sud sont à la deuxième place parmi les régions françaises pour les séjours de sports d’hiver, très loin cependant derrière les Alpes du Nord. On relève douze millions de nuitées pour le périmètre à neige des Alpes du Sud, pour des séjours plus courts qu’en été. Dans ce total, la place des résidents de la région est très forte. La Côte d’Azur est la première région française d’accueil en hiver, en hôtels et en résidences secondaires. Les étrangers y représentent le tiers de la clientèle.

Le tourisme est à l’origine d’importants transferts de revenus. On évalue à plus d’1 milliard d’euros par an la dépense touristique : 50% correspondent à des séjours d’été, 20% à des séjours d’hiver (dont 10% pour les séjours de neige). Le quart provient de la consommation étrangère (les étrangers résident beaucoup à l’hôtel, alors que les Français sont hébergés plus fréquemment en résidences secondaires, ou chez des parents). Les activités de tourisme et de loisirs concernent toutes les communes de la région ; les collectivités locales ont multiplié les installations de sport et de loisirs (carte 3). Les diverses formes d’hébergement et les résidences secondaires attirent une population de vacanciers, qui souvent double, voire triple, le nombre d’habitants dans de très nombreuses communes rurales du haut et moyen pays. La capacité d’accueil touristique du haut pays montagnard a été multipliée par trois depuis 1975. Elle représente environ le quart du total régional des lits touristiques en 2000. Deux grandes formes de villégiature et de tourisme coexistent : celles de l’été, plus diffuse et plus populaire ; celle de l’hiver, concentrée en « stations » de sports de neige, fréquentées par les vacanciers plus aisés. Depuis les années 1960, de grandes stations intégrées ont été édifiées dans les zones d’alpage les mieux enneigées, au-dessus de 1 500 mètres (Super-Dévoluy, Montgenèvre, Serre-Chevalier, Vars, Auron, Isola 2000). Des stations-villages sont apparues dans les années 1980. Le département des Hautes-Alpes est celui qui accueille le plus de touristes par habitant (près de trois touristes pour un habitant permanent). En moyenne montagne, plus sèche, la construction de gîtes ruraux dans de vieilles bâtisses restaurées et l’aménagement de terrains de campings à la ferme procurent des emplois de complément aux agriculteurs (pluri-activité).

Toutefois, plus des deux tiers des possibilités d’accueil touristiques sont concentrés sur une bande littorale d’une trentaine de kilomètres de large. Le Var est aujourd’hui le département le plus touristique de la région (75 millions de nuitées contre 60 millions pour les Alpes-Maritimes en 2000). La diffusion des résidences secondaires (le record est pour le Var et les Alpes-Maritimes, 150 000 environ pour chaque département), le développement exceptionnel des campings depuis les années 1980 (sans doute parce que les prix du foncier étaient plus bas que dans le département des Alpes-Maritimes) expliquent l’essor des activités de loisirs et de tourisme dans ce département. Par ailleurs, devant le succès de la navigation de plaisance, les communes du littoral ont multiplié les ports de plaisance spécialisés : on compte près de cent cinquante ports aménagés par les communes ou concédés. Les régions littorales sont également des lieux de tourisme hivernal : tourisme d’affaires (Monaco, Nice, Cannes, Marseille) ; tourisme de résidences secondaires (Côte d’Azur de Menton à Cassis).

Le tourisme de festivals (Avignon, Vaison-la-Romaine, Orange, Aix-en-Provence, Marseille, Nice, Cannes) a pris également beaucoup d’essor. La fréquentation touristique des sites patrimoniaux ruraux et urbains, des musées d’art, d’archéologie, de traditions populaires a fortement augmenté depuis les années 1980. La culture sous-tend désormais le tourisme dans les villes.

La région était, hier, repliée sur elle-même, dans un cadre agricole et rural, devenu mythique à la fin du XXe siècle (le blé, l’olivier, la vigne, les moutons, les restanques, la garrigue, la forêt de chênes, les villages groupés), excepté les régions portuaires (Marseille surtout) dont le trafic de marchandises et de passagers était tourné vers l’Afrique du Nord, l’Afrique et l’Orient. La région était ainsi coupée de l’Europe du Nord et de la mer. Aujourd’hui, la région est bien reliée à l’Europe par des axes majeurs de circulation (autoroutes A7 et A8, T.G.V. Méditerranée depuis juin 2001), par des ports actifs (Marseille-Fos, Nice, Toulon) et des aéroports internationaux (Nice, Marseille-Provence). Par ailleurs, la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur veut s’inscrire au cœur d’une Europe méditerranéenne en développement, qui équilibrerait la prééminence de la « mégalopole » de l’Europe du Nord-Ouest. En témoigne le projet Euroméditerranée, pôle d’études et d’affaires à rayonnement méditerranéen, en voie de réalisation à Marseille, aux financements croisés (État et collectivités locales). La réussite de cette stratégie volontariste, fondée sur les relations commerciales et les rencontres culturelles, dépend beaucoup de l’apaisement des conflits au sud ; et des capacités de renouveau culturel, social, et économique des États, non européens, du monde méditerranéen.

Lucien TIRONE

Bibliographie indicative

R. BERTRAND, C. BROMBERGER, J.-P. FERRIER et al., Provence, C. Bonneton (coll. Encyclopédies régionales), Paris, 1989 A. COMPAN, G. CROUÉ, A. DAUPHINÉ et al., Alpes-Maritimes, C. Bonneton, Paris, 1993 R. DUCHENE, Histoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur, naissance d’une région (1945-1985), Fayard, Paris, 1986 I.N.S.E.E., Provence-Alpes-Côte d’Azur, Données économiques et sociales, 2002 Provence et Côte d’Azur, Hachette (Guides bleus), Paris, 2000 É. TEMIME, Voyages en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Gallimard, Paris, 1997 L. TIRONE dir., Provence-Alpes-Côte d’Azur, le territoire régional, Éditions Université de Provence, 1993.

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