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Limousin, portrait de la région

Publié le mardi 1er janvier 2008

LIMOUSIN

Avec ses 16 942 kilomètres carrés, le Limousin est une des plus petites régions de programme françaises et la moins peuplée (Corse exceptée). C’est aussi la région dont le P.I.B. est le plus faible (après la Corse également) et son P.I.B. par habitant se classe en dix-neuvième position sur vingt-deux régions. Le Limousin comprend trois départements - Haute-Vienne, Corrèze et Creuse - qui constituent une entité naturelle et humaine à peu près homogène.

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Longtemps tourné en dérision par Rabelais, La Fontaine et Molière, ayant la réputation d’être physiquement et humainement enclavé, le Limousin - coincé entre des régions à forte personnalité comme le Périgord, l’Auvergne ou le Poitou - souffre d’une image de marque assez floue et de problèmes réels, en particulier d’ordre démographique.

1. Le lancinant problème démographique

Le problème démographique est déterminant dans la région Limousin. Cela s’explique par le fait qu’aucune autre région française n’a connu, depuis la Première Guerre mondiale, une évolution démographique aussi catastrophique. Alors que l’ensemble de la population française ne cesse de progresser, celle du Limousin ne cesse de régresser. De plus d’un million d’habitants au début du XXe siècle, la population limousine est tombée, en 1999, à quelque 711 000 habitants. La région est donc très faiblement peuplée (42 hab./km2 en 1999 contre 58 en 1891). Deux temps peuvent être distingués dans cette dépopulation continue :

- De la Première Guerre mondiale à 1962, tous les facteurs se sont cumulés, à savoir saignée démographique due à la guerre, faible fécondité et exode des jeunes.

- Si le recensement de 1962 ne marque aucune rupture dans la baisse tendancielle de la natalité, en revanche le solde migratoire s’inverse et devient structurellement positif. Après un bref baby-boom au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le taux de natalité n’a cessé de régresser (il était de 18‰ en 1911, et de 9‰ en 1996). Parallèlement, l’indice de fécondité s’est effondré ; il est de 1,5 en 2001 (contre 1,9 au niveau national).

Cette évolution s’accompagne de phénomènes particuliers : - Spatialement, la population se concentre dans de rares zones urbaines, principalement l’agglomération de Limoges et le bipôle Brive-Tulle, et les campagnes se vident à peu près complètement dans certains secteurs. La densité rurale moyenne ne dépasse guère 20 hab./km2 et peut tomber, à l’échelle communale, au-dessous de 10 et même de 5 habitants au kilomètre carré dans de vastes espaces (plateau de Millevaches, Sud-Est corrézien, basse Marche). - Qualitativement, la population vieillit du fait de la dénatalité mais aussi parce que les immigrants sont surtout des retraités. Le départ des jeunes adultes continue. Le processus est d’une telle ampleur que, désormais, les plus de soixante ans sont plus nombreux que les moins de trente-cinq ans. Or l’évolution prévisible ne laisse guère espérer de renversement des tendances lourdes. Les démographes prévoient que la population régionale va tomber au-dessous de 700 000 habitants dès 2010. Cela pose, évidemment, de graves problèmes. Or la région est belle et plutôt agréable à vivre.

2. De beaux paysages et des indicateurs de qualité de vie

La beauté des paysages

Ce n’est pas en Limousin qu’il faut se rendre pour visiter des paysages d’exception et la région ne sera jamais une grande destination touristique. Pourtant, les Limousins sont fiers du charme de leurs paysages et particulièrement sourcilleux quand il s’agit de défendre la qualité de leur environnement.

Situé dans la partie nord-occidentale du Massif central, le Limousin ne possède pas de sommets qui atteignent 1 000 mètres ; c’est partout de la « montagne à vaches », avec une topographie collinaire monotone où seules les vallées encaissées donnent quelque vigueur aux dénivelées. Le climat a la réputation d’être un peu rude, c’est-à-dire frais et humide.

Pourtant, les paysages ruraux sont charmants et, à moins d’un quart d’heure du centre de Limoges, il est possible de se retrouver en pleine campagne, au milieu d’un bocage dont les haies sont souvent arborées, un bocage boisé d’une multitude de bosquets et de petits massifs forestiers hétérogènes, animé par mille ruisseaux et égaillé par d’innombrables étangs et retenues d’eau de toutes tailles. C’est pour ces raisons que le Limousin était appelé le « pays de l’arbre et de l’eau ». Or ces paysages sont, désormais, facilement accessibles.

Le désenclavement

Depuis des siècles, les Limousins se sont plaints de leur enclavement. L’encaissement des vallées a longtemps fait obstacle à l’implantation d’infrastructures modernes, ce qui a constitué pour la région un frein permanent au développement. Il n’empêche, de très grands progrès ont été réalisés dans tous les domaines. Dès 1967, par rail, le Capitole a mis Limoges à moins de trois heures de Paris. Deux plates-formes aériennes d’intérêt régional - dont celle de Limoges - connaissent une augmentation continue de leur fréquentation. Enfin, le retard du réseau autoroutier est en train d’être comblé. Pendant longtemps, le Limousin a été la seule région à ne pas disposer d’autoroutes. Désormais, l’A20, qui relie Paris à Toulouse par Limoges et Brive, est pratiquement achevée. La construction des voies express Montluçon-La Croisière-Limoges-Angoulême progresse à un bon rythme, de même que l’A89 Bordeaux - Clermont-Ferrand par Brive et Ussel. L’on voit ainsi que Brive est en train de devenir le carrefour autoroutier du Limousin ; la ville va ainsi retrouver sa situation de carrefour important qu’elle occupait jusqu’aux années 1950.

Ainsi, très prochainement, aucun espace régional ne sera situé à plus d’une demi-heure d’une voie rapide. Cela permettra au Limousin de mieux mettre en valeur de réels atouts en matière de conditions de vie.

Des conditions de vie de qualité

De nombreux indicateurs montrent que les conditions de vie en Limousin sont de qualité. Nous insisterons seulement sur quelques éléments.

De façon permanente depuis les années 1970, le taux de chômage régional (6,6% de la population active en mars 2002) est inférieur à la moyenne nationale (9,1%). Ce différentiel n’a cessé de se creuser au profit de la région, pendant toute la décennie de 1990. Cet avantage est particulièrement intéressant quand on sait que le revenu disponible brut annuel par habitant en Limousin (90 600 francs en 1996) se situe dans la moyenne des régions de province. Cependant, notons une caractéristique régionale importante : le poids élevé des prestations sociales (44% du revenu), ce qui place le Limousin au deuxième rang derrière la Corse. Cela corrige le fait que le revenu salarial annuel moyen soit bas dans l’échelle des régions.

Par ailleurs, les Limousins ont pu, bien plus tôt et dans des conditions plus faciles qu’ailleurs en France, devenir propriétaires de leur logement. Dès 1954, alors que la crise du logement était particulièrement aiguë, un ménage sur deux en Limousin (contre un sur trois en moyenne nationale) était propriétaire de sa résidence principale.

Enfin, le différentiel d’espérance de vie est en faveur du Limousin, surtout en ce qui concerne les femmes (82,8 ans contre 82,3 en moyenne nationale en 1997).

Nombre de ces atouts viennent du fait que le Limousin se situe au cœur de la ruralité française.

3. Une région fortement marquée par la ruralité et les petites entreprises

La faiblesse de l’encadrement urbain

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Sans véritable grande ville - Limoges comptait moins de 134 000 habitants en 1999, et l’agglomération seulement 173 300 habitants -, le réseau urbain n’est cependant pas trop déséquilibré grâce à la présence du bipôle Brive-Tulle (83 000 habitants).

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Au-dessous, on note une grande faiblesse des organismes urbains : trois autres villes seulement (Guéret , Ussel et Saint-Junien) dépassent 10 000 habitants et neuf autres franchissent la barre des 5 000 habitants.

L’importance considérable de l’agriculture et de la forêt

La surface agricole utile (S.A.U.) compte pour 52% et la forêt pour 34% de la surface totale de la région.

Agriculture et forêt sont faiblement productives. L’importance de la forêt résulte surtout de la crise de l’agriculture et est constituée, en grande partie, de formes spontanées de reboisement. Alors qu’elle entrait en phase de maturité, elle a été sévèrement touchée par l’ouragan Martin à la fin de 1999. L’agriculture occupe encore 8,37% de la population active, ce qui est considérable (contre 66,6% au secteur tertiaire et 25% au secteur secondaire). Les exploitations ont une surface moyenne (45 ha en 2000) supérieure à la moyenne nationale et l’on note encore le poids important des exploitations de moins de 30 hectares, avec des chefs d’exploitation plus âgés qu’en moyenne nationale. Ces surfaces sont d’autant plus petites que les systèmes de production sont extensifs : on compte plus de 600 000 hectares en surfaces toujours en herbe (S.T.H.), consacrés en grande partie à l’élevage extensif, pour la viande, des bovins (essentiellement de race limousine) et des ovins.

L’industrie est surtout marquée par les P.M.E. Les P.M.E. (on compte 3 769 établissements industriels hors énergie et hors construction) représentent un réseau relativement dense d’entreprises. Cela constitue à la fois une chance pour le Limousin et une faiblesse, car peu d’entreprises dépassent cinq cents salariés.

Depuis les années 1960, le tissu industriel a considérablement évolué. Les industries traditionnelles - textile, chaussure, porcelaine - ont beaucoup perdu de leur importance, ce qui a entraîné des crises locales parfois graves. Aujourd’hui, le principal secteur industriel est représenté par les industries agricoles et alimentaires (I.A.A) avec, en particulier, la viande. Hors I.A.A., le Limousin possède deux secteurs forts : les industries du bois et du papier, qui fournissent plus de 23% de la valeur ajoutée de l’industrie (l’ensemble de la filière bois est le second secteur d’activité pour le nombre d’emplois), et celles des composants électriques et électroniques (16% de la valeur ajoutée) où excelle la seule multinationale d’origine limousine : Legrand. Viennent les industries qui travaillent les métaux, les produits minéraux et l’automobile. La Haute-Vienne concentre 47% des établissements industriels.

Olivier BALABANIAN

bibliographie indicative

Atlas du Limousin : une nouvelle image du Limousin. Presses universitaires de Limoges, Limoges, 1994 O. BALABANIAN & G. BOUET, « Le Limousin », in A. Gamblin dir., La France dans ses régions, S.E.D.E.S., Paris, 1998 Limousin 2007 (1993) et Limousin 2017 (2000), Conseil régional du Limousin, Éditions du Limousin. http:\//www.insee.fr

Article LIMOUSIN dans wikipedia.




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