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Massif Central : massif et central !

Publié le mardi 1er janvier 2008

MASSIF CENTRAL

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Les altitudes sont modestes dans le Massif central : la moyenne est de 700 mètres environ, et le point culminant, le puy de Sancy, atteint 1 886 mètres. Cependant, le Massif central est, de très loin, le plus vaste massif montagneux de la France et couvre 85 000 kilomètres carrés. Le nom même de Massif central est récent et d’origine savante : ce sont deux naturalistes, Dufrénoy et de Beaumont, qui ont su reconnaître, en 1840, l’unité géologique commune à un grand nombre de petites contrées qui s’ignoraient. Puis la notion devint vite populaire grâce à l’école primaire et à ses cartes murales. On vit dans le Massif central le « château d’eau de la France » mais aussi son « pôle répulsif » qui envoyait des émigrants aux quatre coins de l’horizon vers les plaines riches : Bassin parisien, bassin d’Aquitaine, couloir rhodanien, plaine du Languedoc. Aujourd’hui, la personnalité du Massif central reste forte, mais il reste surtout une « région problème », naguère paysanne et qui trouve difficilement sa vocation nouvelle dans l’Europe industrielle et urbaine.

Un massif hercynien original

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Le Massif central est un fragment géologique de la vieille chaîne hercynienne, au même titre que le Massif armoricain, les Vosges, le Massif schisteux rhénan. Il a participé au même plissement à la fin de l’ère primaire : c’est au Carbonifère que se forment les dépressions houillères entre de hautes montagnes. L’ensemble fut nivelé ensuite par différentes surfaces d’érosion ou pénéplaines. Les principales roches affleurant à l’air libre sont donc celles de la profondeur de l’édifice hercynien : granites, gneiss, schistes. L’aspect dominant est celui d’un plateau entaillé de multiples cours d’eau et, parfois, de gorges profondes. Partout le relief est en « creux », les rivières ayant répondu par un creusement au soulèvement des pénéplaines. Les dislocations d’âge tertiaire ont découpé le massif en différents compartiments inégalement soulevés. Les failles sont d’autant plus vigoureuses qu’on se rapproche des champs de force des Pyrénées et des Alpes : d’où les admirables paysages du Sud-Est, dans les Cévennes, où les sommets de l’Aigoual (1 565 m) et du mont Lozère (1 702 m) dominent abruptement le bas Languedoc. Le centre du massif, l’Auvergne, connaît aussi de grandes dénivellations : les monts du Forez dominent de plus de 1 000 mètres les bassins de l’Allier et de la Loire. Vers le nord, le Morvan (900 m) fait encore partie du même système de soulèvement, ici affaibli. Au nord-ouest, le Limousin est plus monotone, et la « montagne » limousine n’est qu’un plateau parmi d’autres, un peu plus élevé.

Sur une carte des cours d’eau apparaît la même disposition. Les rivières qui s’écoulent vers le nord, comme la Loire et l’Allier, et vers l’ouest, comme la Dordogne et le Lot, sont d’une grande ampleur. En revanche, les versants qui regardent les Alpes et les Pyrénées sont sillonnés de véritables torrents : Ardèche, Gardons, Orb... On doit mettre à part une région originale, les Grands Causses. Elle doit son aspect particulier à de puissantes couches de calcaires secondaires, très perméables et très solubles, qui ont recouvert le vieux socle hercynien. Les vastes surfaces pierreuses, les rochers ruiniformes, les grottes et les abîmes composent un paysage insolite. Mais comme ailleurs, et plus encore, l’impression de plateau soulevé est saisissante ; au-dessous des corniches blanchâtres, les gorges de rares rivières (Jonte, Tarn) sont entaillées sur 500 mètres de profondeur.

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Au-dessus des plateaux se dressent des volcans d’âge tertiaire et quaternaire. Les émissions de lave ont eu dans le massif une ampleur inégalée ailleurs en Europe. Une grande partie de l’Auvergne est ainsi couverte de volcans selon un axe nord-sud, depuis la chaîne des Puys jusqu’à l’Aubrac, en passant par les monts Dore et le Cantal. Une autre province volcanique intéresse le Velay (massif du Mézenc) et se prolonge en Vivarais avec les coulées de lave du Coiron qui se terminent en belvédère noirâtre au-dessus du Rhône. Parfois, les formes volcaniques sont très pures, avec des cônes réguliers, des cratères circulaires, des lacs de barrage, parce que les éruptions sont très récentes : certains puys près de Clermont-Ferrand n’ont pas 8 000 ans, encore qu’aucun ne soit actuellement en activité. Ailleurs, les masses volcaniques sont plus anciennes et plus complexes ; elles se sont empilées en « planèzes » monotones (Aubrac) ou forment de véritables montagnes, comme dans le Cantal (1 856 m) ou dans les monts Dore qui culminent à 1 886 mètres au puy de Sancy.

Les plaines intérieures ne sont pas absentes, mais souvent étroites. Autour des Causses, les « vallons » de Mende et de Millau font figure de bons pays. Sur le plateau fondamental de granite, de petits bassins effondrés introduisent localement un peu moins de rudesse : il en est ainsi à Aurillac, à Montluçon. Dans l’Est, deux couloirs dégagés dans les dépôts houillers jouent un rôle majeur pour unir les pays de la Loire et les pays de la Saône et du Rhône : ce sont les dépressions du Creusot et de Saint-Étienne. Partout, la vie urbaine s’est concentrée dans les petites plaines, mais l’espace manque.

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Deux exceptions toutefois sont constituées par les deux effondrements de direction méridienne qui ont guidé le cours de la Loire supérieure (bassin du Puy, du Forez, de Roanne) et de l’Allier (Petite et Grande Limagne). Ils ouvrent le Massif central vers le nord, en direction de la région parisienne ; mais ils se terminent en cul-de-sac vers le sud, enfermés par des plateaux compacts.

La véritable haute montagne n’existe pas dans le Massif central : pas de glaciers, pas le moindre névé au cœur de l’été. Mais le climat est bien celui d’une « moyenne montagne », rude et surtout capricieux. En hiver les bassins peuvent être encore plus froids que les sommets lors des journées brumeuses et calmes « d’inversion de température ». Sur les hauteurs la neige tombe et fond alternativement de novembre à mai. Mais quand le vent souffle par temps de neige - c’est l’« écir » ou la « burle » -, la circulation sur les hauts plateaux devient presque impossible. Curieuse montagne : la neige manque parfois au moment des sports d’hiver mais gêne les transports plus fortement que dans les grandes vallées alpestres.

Les obstacles de l’hiver, les multiples gorges du « relief en creux » rendent les transports lents et coûteux. La tendance générale - qui ne date pas d’hier - est de contourner le Massif central pour emprunter des voies plus longues mais plus rapides. Les chemins de fer se sont pourtant fait une place - tardive -, mais les petites lignes, trop souvent, ne sont plus rentables et doivent être fermées. Les autobus, entre les deux guerres, ont rendu de grands services dans les campagnes et connaissent aujourd’hui les mêmes difficultés. Avec le règne de l’automobile individuelle, les petites routes sinueuses sont améliorées et les autoroutes commencent à désenclaver la région : de Saint-Étienne vers Lyon dans les années 1970, entre Clermont-Ferrand et Saint-Étienne au début des années 1980 et de Clermont-Ferrand à Orléans entre 1986 et 1989.




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