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Massif Central : massif et central !

Publié le mardi 1er janvier 2008

Le dépeuplement rural Une grande partie du massif a été peuplée très tôt : les hautes terres ont attiré les pasteurs et les troupeaux, et les régions basses permettaient des cultures variées, céréales, vignes jusqu’à 600 ou 700 mètres d’altitude, et un petit élevage. Jusque vers le milieu du XIXe siècle, les villages, les hameaux et les fermes du massif ont connu une vie intense et n’ont cessé de se peupler. Voici cent ans, le Massif central abritait plus de 5 millions d’habitants, en majorité des ruraux. Le passage du peuplement au dépeuplement rural s’est fait graduellement.

Dans un premier temps, au cours du XIXe siècle, les petites gens sont parties par nécessité absolue, pour gagner quelque argent et dans l’espoir de revenir « au pays » pour s’établir. Le manque de travail, les enfants trop nombreux, les dettes, l’hiver trop long, tout cela a joué pour entraîner sur les routes d’innombrables scieurs de long, sabotiers, ramoneurs, terrassiers, colporteurs, chaudronniers... Le Limousin a fourni énormément de maçons, de cochers de fiacre, de marchands de vin. Le Cantal des colporteurs a connu, à la fin du XIXe siècle, une véritable spécialisation avec les marchands de toile de l’Artense et du Cézallier. Une attention particulière doit être accordée aux Auvergnats de Paris. Ils sont, en fait, originaires d’une grande partie du Massif central : Corrèze, Lot, Cantal, Puy-de-Dôme, Lozère, Aveyron. La « colonie auvergnate » de Paris se forma tout au long du XIXe siècle et atteignit son apogée après la Première Guerre mondiale. De génération en génération, le porteur d’eau devint petit boutiquier (bois et charbons, charbougnat, bougnat) puis cafetier, restaurateur. On peut encore parler d’une colonie car les Auvergnats de Paris conservent leurs amicales, leur journal, leur solidarité. Ils essaient de rester fidèles à une vieille idée : travailler à Paris pour revenir assez tôt au village. De plus en plus, les départs se sont faits définitifs, et les belles « villas » construites au pays pour la retraite deviennent les maisons de vacances des petits-enfants. L’émigration définitive conduit au vieillissement qui, à son tour, détériore la vitalité « naturelle ». Le département de la Creuse, dès 1920, a atteint cette situation de dépeuplement par un double processus (excédent des départs sur les arrivées - ou les retours -, excédent des décès sur les naissances). Les cantons qui comptent plus de 20% de personnes âgées - 65 ans et plus - se multiplient, en tache d’huile. On en dénombrait moins d’une cinquantaine en 1950. Vingt-cinq ans plus tard, on en comptait 230 (sur 320 cantons ruraux). Le vieillissement est inquiétant dans nombre de régions, Cévennes, Livradois, montagne Limousine où bien peu de maisons paysannes sont assurées d’abriter un successeur. Il convient pourtant de nuancer ce tableau trop général de la crise rurale. Il s’applique surtout aux régions les plus montagnardes et les plus isolées où la pauvreté rurale est flagrante. La montagne limousine, presque vide désormais, renonce çà et là à l’élevage ovin et reboise rapidement de vastes landes. Les hauts plateaux granitiques de la Lozère connaissent le même déclin de l’élevage traditionnel, le même envahissement des pacages par les sapins. La seule issue paraît bien être le développement du tourisme rural ; les résidences secondaires des urbains y remplacent peu à peu les maisons paysannes. D’autres régions trouvent un équilibre relatif en se spécialisant dans l’élevage. Les Grands Causses possèdent quelques grandes fermes prospères grâce aux fromageries de Roquefort qui assurent un débouché régulier au lait de brebis. Dans les monts volcaniques d’Auvergne, la fabrication du fromage à la ferme décline : lentement pour le saint-nectaire, très rapidement pour le cantal qui était fait « à la montagne » avec intervention de plusieurs salariés agricoles. Les montagnes d’estive sont aujourd’hui vouées à un élevage très simplifié : troupeaux bovins non traits, enclos de fil de fer, travail humain très limité. On trouverait enfin des régions où le progrès agricole s’affirme. Il en va ainsi dans les monts du Lyonnais, gros producteurs de lait, dans le Ségala de l’Aveyron, où les petits paysans ont su transformer un sol maigre en terroir productif, dans la grande Limagne de Clermont-Ferrand, où la mécanisation des récoltes de céréales, blé et maïs, transforme les conditions traditionnelles. Là, l’isolement est rompu et les rapports avec le monde urbain s’opèrent.




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