dans la marge le site


Médias et démocratie

Publié le lundi 26 juin 2006

Médias et démocratie

Selon Francis Balle dans Médias et Société publié en 2003, « un média est une technique ou un ensemble de techniques permettant aux hommes de communiquer l’expression de leur pensée, quelles que soient la forme et la finalité de cette expression. » Les médias ont plusieurs fonctions dans les régimes libéraux :
-  une fonction sociale : miroir du monde en marche
-  une fonction récréative : objets de divertissement
-  une fonction éducative : vecteurs de culture
-  une fonction civique : lieux de débats publics
-  une fonction d’intégration : instigateurs du lien social, appartenance à une famille culturelle
-  une fonction commerciale : incitateurs à la consommation Mais je me suis principalement intéressée à la fonction politique des médias : les médias sont-ils gardiens de la démocratie ? Les médias contribuent-ils au débat démocratique ?

Quelques dates clés

26 août 1789 : L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». 29 juillet 1881 : En France, loi sur la liberté de la presse. Suppression de tout régime préventif, abandon du délit d’opinion et disparition de la censure. 18 novembre 1936 : Suicide de Roger Salengro, ministre de l’Intérieur du Front populaire, suite aux attaques de L’Action française et de Gringoire sur son action pendant la Première Guerre mondiale et ses origines juives. 29 juillet 1982 : En France, loi sur la communication audiovisuelle posant le principe de la liberté de l’audiovisuel. La loi du 30 septembre 1986 sur la liberté de communication est venue compléter et renforcer ce dispositif. 16 avril 1987 : En France, privatisation effective de la 1ère chaîne de télévision publique (TF1), annoncée le 14 mai 1986. L’État vend 50 % au groupe Bouygues. 17 janvier 1989 : Une loi crée le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Cette autorité administrative indépendante garantit l’exercice de la liberté de communication audiovisuelle.

Les grandes agences de presse en 2005 :

-  Reuters ( 1851) : emploie 16 000 personnes, 220 bureaux, son chiffre d’affaire est 22 fois celui de l’AFP, et 10 fois celui de l’AP.
-  L’ Associated Press ( 1848) dessert 121 pays et la quasi totalité des médias américains.
-  L’Agence France-Presse ( 1944). La France est le seul pays à avoir accordé un statut particulier aux agences de presse régies par l’ordonnance du 2 novembre 1945 selon laquelle les agences de presse doivent être soumises au même titre que les autres entreprises de presse à une réglementation destinée à les protéger des influences susceptibles de compromettre l’impartialité des renseignements qu’elles fournissent ». Touchant 3 milliards de personnes dans le monde, l’AFP assure une couverture complète de l’information à travers le monde dans tous les domaines de l’actualité.

Quelques pistes de réflexion

Les médias : des moyens d’expression essentiels au fonctionnement de la démocratie

- Les médias, c’est-à-dire l’ensemble des moyens de diffusion de l’information, sont un moyen d’expression essentiel pour les acteurs démocratiques et jouent un grand rôle dans la formation de l’opinion publique. Plaçant certains débats sur le devant de la scène, ils peuvent aussi en occulter d’autres. Ils doivent être soumis à une éthique : exactitude de l’information, respect de la vie privée, vérification des sources.

- La presse peut constituer un moyen de contestation, ce qui explique que les premiers textes démocratiques aient consacré sa liberté. Par exemple, le 1er amendement, datant de 1791, de la constitution américaine de 1787 stipule : « le Congrès ne fera aucune loi portant atteinte à la liberté d’expression ».

- Il y a concomitance entre l’avènement du suffrage universel, au XIXesiècle, et le développement de la presse de masse. Au cours du XXe siècle, ce ne sont plus les seuls journaux, mais la télévision, le cinéma, la radio qui participent au débat démocratique. Au XXIe siècle, le développement d’Internet permet aussi la diffusion des idées démocratiques. Les nouvelles technologies incitent les organes démocratiques à modifier leur manière de travailler, en rapprochant la classe politique et les citoyens. Les médias complètent ici les vecteurs traditionnels de la démocratie en inventant de nouvelles formes d’information ou d’expression.

- Les médias se sont eux aussi démocratisés parallèlement aux progrès de la démocratie. Leur accès est bon marché, aisé, équitable sur tout le territoire. Parfois courroies de transmission entre le pouvoir et le peuple (ex : l’ORTF), leur pluralisme aide au fonctionnement de la démocratie, dont il est une condition essentielle. Néanmoins, la disparition de la presse d’opinion, comme la pénétration des groupes financiers dans le monde des médias, sont des signes aussi d’uniformisation de l’information. Les médias peuvent représenter un danger pour la démocratie Les médias constituent-ils un quatrième pouvoir, à côté des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ?

- La différence entre information et communication : l’information suppose un tri, une hiérarchie, il y a un savoir et une mise en perspective de son savoir. Elle suppose un recul nécessaire à l’esprit critique. Il faut du temps et de l’effort, il est plus facile d’instaurer de la communication, c’est à dire mettre en commun des images, on se réfère au direct. Ainsi s’oppose le pôle de la sensation et le pôle de la réflexion.

- Danger car médias soumis à trois logiques : celle de la vitesse ( le direct, le triomphe de l’image=> décontextualisation des événements, information approximative.) , celle du marché, ( le financier impose son information), et enfin le triomphe du spectacle ( désacralisation, perte de crédibilité dans le domaine politique, l’image a changé les règles de la politique, les hommes politiques sont maintenant occupés à des tâches de communication => fait on toujours de la politique quand il y a la télévision, la télévision n’est ce pas la banalisation de la politique.=> que devient la démocratie avec une telle banalisation de la politique ? => individualisme peut menacer le fonctionnement de la citoyenneté=> éclatement de la scène publique.

- La question de la transparence : si en démocratie, il est nécessaire de proscrire tout secret, faut-il pour autant tout porter à la connaissance du public (cf. l’affaire Monica Lewinski aux États-Unis sous la présidence de Bill Clinton) ? Il convient toutefois d’être attentif à la violation de l’intimité. Tout gouvernement a besoin d’une certaine part de secret au moins dans la préparation des décisions ou s’agissant des affaires internationales. En revanche, la démocratie exige la transparence absolue après-coup.

- Le risque de manipulation. Le financement des médias dépend de capitaux privés qui peuvent vouloir modifier l’information en fonction de leurs intérêts ou peser sur le fonctionnement démocratique. La concentration financière peut aussi altérer leur indépendance, même si certains médias (par exemple Le Monde) essaient de garantir un mode de financement indépendant. Pluralisme des médias ne rime donc pas toujours avec pluralité d’opinions et diversité de l’information. De même, les sondages peuvent influencer, voire fausser, les comportements électoraux.
- Les médias ne sont pas égaux. La télévision, média de masse, touchant des citoyens le plus souvent passifs, est accusée de simplifier les débats et de « faire » l’opinion, alors que la course à l’audience laisse peu de place au débat démocratique. Sensibles aux échos des médias, les hommes politiques sont accusés de façonner leur discours, non pas selon leurs convictions, mais selon l’état de l’opinion ou selon la vision des médias. Le débat d’idées et la démocratie de terrain céderaient alors le pas à la mainmise de la télévision sur les campagnes électorales.
- L’importance des médias pour une élection pose aussi le problème de l’égalité d’accès entre les candidats.Les hommes politiques dépendent des médias et du format qu’ils imposent. La télévision, par exemple, conditionne certains comportements : il faut résumer en quelques instants des problèmes complexes (les « petites phrases »).




repondre à l'articleimprimer l'article






Plan du site avec articles.
RSS 2.0

Mes autres sites :
 Bibliathèque
 Pensée libre
 Little Romania
 Musiques et Mots
 Le Blog à Jean-mi