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Mini atlas des religions partie 2 - Les monothéismes : christianisme, judaïsme et islam :

les articles du Mini-Atlas des religions sur ce thème (CPGEO n°1)
Publié le dimanche 7 novembre 2004

LE PROTESTANTISME

Dates d’apparition : XVI° siècle Les 95 thèses de Luther sont affichées à la porte de l’église du château de Wittenberg le 31 Octobre 1517.

Fondateurs : - Martin LUTHER (1483-1546), né à Eisleben en Allemagne ; ordonné prêtre, il enseigne l’Ecriture Sainte à l’université de Wittenberg. Il rédige 95 thèses contre la pratique des indulgences (=pardon et rémission par l’Eglise d’une peine que les péchés méritent). A voulu réformer l’Eglise de l’intérieur, sans la quitter. Est excommunié et mis au ban de l’Empire. - Ulrich ZWINGLI (1484-1531). Même mouvement en Suisse allemande. - Jean CALVIN (France 1509- Genève 1564). Sa pensée et son action rayonnent si largement que Genève devient la capitale spirituelle du protestantisme d’expression française.

N.B. : * Sont appelées ‘luthériennes’ les Eglises protestantes issues de la réforme de Luther, et ‘réformées’ celles qui se réclament de l’héritage de Calvin et de Zwingli. * L’anglicanisme représente une voie intermédiaire entre catholicisme et protestantisme. Il est né en 1534 avec Henri VIII en Angleterre.

Bases de la croyance : La Bible (Ecriture Sainte), comprenant l’Evangile (« bonne nouvelle », en grec). Elle est formée de l’Ancien Testament (bible juive) et du Nouveau Testament

Points principaux de la doctrine : - un triple refus par rapport au catholicisme : un homme (le pape), une femme (Marie), une chose (la messe) ; - trois grands principes : Sola Scriptura ; Sola Gratia et Sola Fide ; Testimonium Spiritu Sancti. - un esprit et des structures démocratiques ; liberté de recherche ; simplicité.

Vocabulaire spécifique : - temple : édifice dans lequel les protestants célèbrent leur culte.
- culte : office religieux, composé de prières, de chants, de commentaires de la Bible, etc... - pasteur : ministre du culte protestant. - prédication : discours où le pasteur commente un texte biblique pendant le culte. Acte central du culte protestant, la prédication est proclamation et actualisation de la Parole de Dieu.
- cène : dernier repas de Jésus pris avec ses disciples avant sa mort. Les chrétiens célèbrent cet événement dont Jésus demanda la répétition (Luc 22,19 ; première lettre aux Corinthiens 11, 24-25). Ce rite (appelé cène, communion ou eucharistie) a lieu au cours du culte. La cène est un sacrement, qui n’est pas nécessairement célébré au cours de chaque culte protestant, contrairement à la messe catholique dont il constitue le centre et le sommet. - sacrement : le protestantisme n’en reconnaît que 2 : le baptême et la cène. (le catholicisme en reconnaît 7 : le baptême, l’eucharistie, l’ordination, la confirmation, l’extrême onction, la pénitence et le mariage) - confirmation : cérémonie où les adultes confirment le baptême qu’ils ont reçu enfants. Elle est un sacrement chez les catholiques et non chez les protestants qui ne lui trouvent pas de clair fondement biblique. - synode : assemblée de fidèles et de pasteurs délégués par leur Eglise. Le synode désigne le véritable gouvernement des Eglises et le pouvoir chez les protestants.

Fêtes remarquables : Rameaux : entrée de Jésus dans Jérusalem (dimanche qui précède Pâques). Pâques : résurrection de Jésus (date variable, en fonction des lunaisons). Ascension (40 jours après Pâques). Pentecôte (fête très importante chez les protestants) : l’Esprit Saint parmi les apôtres, qui « parlent en langues » (phénomène dit de « glossolalie » et marque le début de l’évangélisation. (50 jours après Pâques). Noël : naissance du Christ.(25 Décembre). + Fête de la Réformation, le dernier dimanche d’Octobre.

TROIS DEFINITIONS ESSENTIELLES

Première définition : un triple refus par rapport au catholicisme romain.

Dans la mesure où le protestantisme se différencie principalement du catholicisme romain, il est tout à fait possible, pour le définir, de se référer à ce qui constitue les points marquants d’une opposition séculaire et fondamentale. La séparation du catholicisme romain d’avec les protestants date du XVI° siècle : les Réformateurs, désireux alors de corriger les erreurs et les abus de leur Eglise du dedans, c’est-à-dire sans avoir à la quitter ou à en fonder une autre, ont été rejetés de l’Eglise romaine et condamnés. Un triple refus caractérise le désaccord entre les protestants et Rome. Ce triple refus peut être exprimé dans une formule lapidaire : un homme, une femme, une chose ; à savoir : le pape, Marie, la messe, trois données essentielles qui caractérisent le catholicisme romain et sont étrangères au protestantisme. Ce dernier, dans son ensemble, quelles que soient ses composantes et familles spirituelles, se reconnaît dans ce triple refus.

1- Un homme, le pape. Dans cette définition, le pape prend une valeur proprement symbolique : les protestants peuvent avoir pour tel ou tel pape un réel respect, mais la fonction, l’institution pontificale, n’en restent pas moins l’expression de tout un ensemble qui demeure étranger au protestantisme. Le pape est l’image d’un système d’autorité, d’une hiérarchie, d’une institution pyramidale, d’un pouvoir, que le protestantisme récuse parce qu’il n’en trouve pas le fondement et la justification dans la Bible. Dire le pape, c’est donc dire aussi les cardinaux, les archevêques, les évêques, les curés, les abbés, etc.

2- Une femme, Marie. Les protestants ont pour Marie, mère de Jésus, tout le respect qu’on doit porter à la mère du Seigneur. Ce que la Réforme a rejeté, c’est le culte marial. Dieu seul est Dieu, et le culte, l’adoration, ne sauraient s’adresser à Marie élevée au rang de véritable déesse. Là encore, Marie est le signe d’un problème plus vaste ; le protestantisme, en effet, a d’emblée refusé aussi tout ce qui, de près ou de loin, pouvait s’identifier au culte des saints et à la vénération des reliques. Le culte marial et celui des saints contredisent, trahissent et dénaturent profondément le strict monothéisme Soli Deo gloria ! (A Dieu seul la gloire !), telle peut être, à la suite de Calvin, la devise de tous les protestants.

3- Une chose, la messe. L’opposition entre catholiques romains et protestants au sujet de la messe ne vient pas, comme on le croit le plus souvent, du refus de la Réforme de souscrire à la doctrine dite de la présence réelle dans le sacrement de la Cène, doctrine selon laquelle le corps et le sang de Jésus sont réellement présents dans le pain et le vin de la Cène. Luther, Zwingli et Calvin ont élaboré sur le sujet des doctrines très différentes. Là n’est donc pas le débat premier et fondamental. Ce que le protestantisme unanime récuse, et a toujours récusé, c’est l’idée du sacrifice de la messe : le prêtre ordonné peut transformer le pain et le vin de la Cène en vrai corps et en vrai sang de Jésus-Christ. Il le peut par le pouvoir extraordinaire que lui donne son ordination. Fidèle au témoignage biblique, le protestantisme n’admet qu’un seul sacrifice, qui a eu lieu une fois pour toutes, et qu’il n’est au pouvoir de personne de reproduire.

Conclusion : Un homme (le pape), une femme (Marie), une chose (le sacrifice de la messe) : ces trois données nous renvoient au coeur d’une opposition où il est permis de trouver, de manière évidente, trois caractères propres du catholicisme romain. Cependant, une telle définition comporte une faiblesse : on voit bien ce que le protestantisme rejette et nie, mais on ne voit pas, en revanche, ce qu’il affirme. Il est, par conséquent, important de recourir aussi à un autre type de définition.

Deuxième définition : trois grands principes.

Il est possible de définir le protestantisme par 3 grands principes fondamentaux. Les principes du protestantisme ne définissent pas sa doctrine, mais plutôt un style et un état d’esprit.

1- Premier principe - Ecriture et tradition : ‘Sola scriptura’ (L’Ecriture seule). Le 1er principe, qui inspire tout le protestantisme, est celui qui règle les rapports de l’Ecriture, à savoir la Bible, avec la tradition. Tout dogme doit être défini par rapport à la Bible et elle seule : « Sola scriptura ». La seule autorité clairement reconnue est celle de la Bible, et non celle des hommes. La Bible n’est pas, pour les protestants, une idole, mais qu’on le veuille ou non, elle est la source historique de la connaissance chrétienne. (Toute personne, même athée, qui veut savoir quelque chose du christianisme, qui veut le connaître de manière fondamentale, doit passer par la Bible.) Le protestantisme n’a pas, par conséquent, à se définir par rapport au catholicisme romain, mais par rapport à la Bible. Cette dernière demeure, ne change pas. Elle est une référence fixe. Enfin, la Réforme a reconnu dans la Bible ce qu’elle a appelé la règle de la foi, des croyances.

2- Deuxième principe - La loi et les oeuvres : ‘Sola Gratia’ et ‘Sola Fide’ (La grâce seule et la foi seule). Le croyant chrétien reconnaît que Dieu, en Jésus-Christ, lui apporte le salut . La bonne nouvelle, - c’est ce que veut dire en grec le mot évangile -, est celle de Dieu, qui, en Jésus, nous libère de nos aliénations, à savoir du péché, et du non-sens ou de l’absurde, à savoir de la mort. Seule la grâce de Dieu nous sauve (« Sola Gratia ») et cette grâce est gratuite. De plus, l’homme ne reconnaît cette grâce première et fondamentale de Dieu que dans la foi. Mais cette foi suffit : « sola fide ».

3- Troisième principe - Le Saint-Esprit et la liberté de conscience : ‘Testimonium Spiritus Sancti’ (Le témoignage intérieur du Saint-Esprit). L’homme ne peut pas, par sa raison ou son esprit, reconnaître la vérité de la Bible. Il doit, pour cela, être éclairé par Dieu lui-même. Cette oeuvre divine, c’est ce que Calvin appelle ‘le témoignage intérieur du Saint-Esprit’. Luther : ‘... à moins qu’on ne me convainque par des attestations de l’Ecriture ou par d’évidentes raisons - car je n’ajoute foi ni au pape ni aux conciles seuls, puisqu’il est clair qu’ils se sont souvent trompés et qu’ils se sont contredits eux-mêmes - je suis lié par les textes scripturaires que j’ai cités et ma conscience est captive des paroles de Dieu ; car il n’est ni sûr ni honnête d’agir contre sa propre conscience.’ Ces paroles de Luther proclament les droits de la conscience.

Conclusion : Cette définition permet de définir le protestantisme par rapport à une référence décisive, la Bible, et non par rapport au seul catholicisme romain. Cette définition concerne l’être-même du protestantisme et le saisit dans sa profondeur. Ces trois principes fondamentaux sont immuables dans le protestantisme. Ils définissent son identité depuis des siècles.

Troisième définition : La modernité du protestantisme, ou trois données plus culturelles que théologiques

Il s’agit de montrer comment le protestantisme d’hier, d’aujourd’hui et de demain répond à des exigences qui rejoignent les attentes de l’homme moderne. Trois données essentielles peuvent alors illustrer la modernité du protestantisme : le protestantisme favorise et encourage un esprit et des structures démocratiques, la liberté de la recherche, et la simplicité.

1- Un esprit et des structures démocratiques. Le protestantisme est démocratique et se veut tel : il ne connaît pas de hiérarchie comparable à celle de l’Eglise romaine : non seulement ses pasteurs ne sont pas investis d’un pouvoir particulier (même s’ils ont une fonction et un ministère bien spécifiques), mais le protestantisme tout entier est régi par un système d’assemblées et de synodes, auxquels participent, en nombre égal, pasteurs et laïques. Il faut noter, en outre, que non seulement les femmes font partie à part entière de ces assemblées et conseils, mais qu’en plus, elles peuvent être et sont pasteurs.

2- La liberté de la recherche. Le protestantisme veut la liberté de la recherche, aussi bien dans l’ordre doctrinal ou historique, qu’en matière d’étude de la Bible ou au niveau de problèmes plus spécifiquement moraux. Alexandre Vinet : ‘La vérité, sans la recherche de la vérité, n’est que la moitié de la vérité’ (Essai sur la manifestation des convictions religieuses et sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat). Il ne s’agit pas pour autant de prétendre que le protestantisme permet de dire, d’écrire ou de faire n’importe quoi en matière théologique (nous avons vu qu’il est régi par sa fidélité à la Bible). Mais ce qu’il faut souligner, c’est que pour lui, ‘là où l’erreur n’est pas libre, la vérité ne l’est pas non plus’ (A. Vinet, In op.cit.)

3- La simplicité. La simplicité du protestantisme est presque proverbiale. Le culte protestant, avec sa liturgie, est plus dépouillé que la messe. En outre, les Réformateurs, depuis les origines, utilisent la langue de chacun et non plus le latin aussi bien dans le culte que dans les publications théologiques et la lecture de la Bible. Le protestantisme se méfie de l’apparat, du spectacle, des cérémonies pompeuses, d’un décorum trop voyant : il y voit une facticité, , une artificialité, un faux-semblant et une vanité toujours possibles et menaçants. Roland de Pury : ‘Le protestantisme a finalement pour seule caractéristique : la volonté d’être la forme pure et simple du christianisme. (Qu’est-ce que le protestantisme ? Paris 1961, Ed. Bergers et Mages)

Conclusion générale : Pour résumer en deux mots l’essentiel de ce qui a été dit du protestantisme, nous dirons simplement ‘Evangile et Liberté’. Avec ces deux mots, tout est dit, et rien n’est oublié !

MARTIN LUTHER, (1483-1546) LE REFORMATEUR

Né à Eisleben en Allemagne. Ordonné prêtre, il enseigne l’Ecriture Sainte (= la Bible) à l’université de Wittenberg. En quête de la vérité, il travaille sur les textes bibliques (particulièrement sur les Psaumes et les Epîtres adressées à Paul) et découvre que, contrairement à ce qu’affirmait le christianisme d’alors, l’homme pécheur ne peut rien faire pour obtenir le pardon de Dieu. La vie monacale, les mortifications, les actions ou les oeuvres humaines, quelles qu’elles soient, la piété, la charité même, sont vaines pour obtenir le salut. Or, à cette époque, on vivait dans la terreur de l’enfer, du châtiment des peines éternelles.

A la même époque, Johannes TETZEL, dominicain allemand, prêche les indulgences (= pardon et rémission partielle ou totale par l’Eglise d’une peine temporelle que les péchés méritent). Ces indulgences étaient vendues pour aider à la reconstruction de la basilique St Pierre de Rome. LUTHER, révolté par une telle pratique et par le marchandage religieux qu’elle suppose, réagit vigoureusement : comment un tel commerce permettrait-il d’acheter le pardon de Dieu ? Il rédige contre les indulgences ses fameuses ‘quatre-vingt quinze thèses’, qui sont affichées à la porte de l’église du château de Wittenberg, le 31 Octobre 1517.

LUTHER est ainsi considéré comme le premier Réformateur ; il a voulu réformer l’Eglise de l’intérieur, sans la quitter. Sommé de se rétracter, il refusera, invoquant l’autorité de la Bible contre les décisions des papes et de l’Eglise, qui n’ont, selon lui, rien d’infaillible. Il est excommunié et mis au ban de l’Empire.

éléments complémentaires de références :

Influences culturelles : littérature : Agrippa d’Aubigné (XVI° s.). Goethe, Egmont, 1717 . André Gide, Si le grain ne meurt, 1920-1924. André Chamson, La Superbe, 1967. Max Weber, L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. musique : Jacob Meyerbeer, les Huguenots, 1836. J.S.Bach, luthérien, animé par une foi très profonde ; se considérait comme ‘un artisan au service de Dieu’. L’essentiel de sa musique est destinée aux offices luthériens (près de 200 cantates conservées), mais il a aussi composé pour les calvinistes et les catholiques. cinéma : les cinémas américains, danois et suédois sont profondément marqués par le protestantisme : Stuart Miller, Une Bible et un fusil, 1975 , exaltation de l’action et du moralisme des pionniers américains du XIX° siècle. Gabriel Axel, Le Festin de Babette, 1987 , l’austérité protestante découvre les vertus de la sociabilité de table et de la générosité. Les films d’Ingmar Bergman se situent tous dans le cadre d’une société luthérienne, avec l’analyse profonde de ses frustrations et de ses contraintes, comme de ses côtés heureux.

Bibliographie : Le protestantisme. Laurent GAGNEBIN - Dominos Flammarion. Le protestantisme, ce qu’il est, ce qu’il n’est pas. L. GAGNEBIN, André GOUNELLE - Signes et visages. La Bible déchiffrée - Ed. Fleurus. Le fait religieux. Dir. Jean DELUMEAU - Ed. Fayard. (CDI) L’état des religions dans le monde. Dir. Michel CLEVENOT - Ed. La découverte/Le cerf. (CDI) De nombreuses publications ont accompagné la commémoration de la Révocation de l’Edit de Nantes en 1985 et celle de l’Edit lui-même en 1998. On peut y trouver des ouvrages synthétiques initiatiques intéressants.

Auteurs : Florence Bedon - Gaelle Etienne

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    sercan  - le Octobre 2010 2010
    thank you for posting, good blog

    Voir en ligne : biber hapı






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