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Picardie et Nord Pas de Calais, cours complémentaire



NORD - PAS-DE-CALAIS (RÉGION)

Article écrit par Pierre-Jean THUMERELLE

Toutes les régions françaises tirent leur nom de l’histoire ou de la géographie, sauf celle du Nord – Pas-de-Calais, désignée par le simple accolement des noms de deux départements. Ce n’est pas un déficit d’identité qui en est la cause, mais la difficulté à dénommer ce territoire. Aucun grand cours d’eau ne le traverse, aucun trait du relief ne s’y impose, sinon la faiblesse des altitudes. Né de l’assemblage de conquêtes composites et tardives des rois de France sur les anciens Pays-Bas, il ne peut non plus emprunter le nom d’une ancienne province. Bien que ne couvrant que 12 414 kilomètres carrés, soit 2,3 % du territoire métropolitain, la région est peuplée, au début du xxie siècle de 4 millions d’habitants, soit 6,8 % de la population française, et se classe aux tout premiers rangs pour la contribution à la vie économique nationale. L’étalement de hautes densités de peuplement et d’activités (360 habitants au kilomètre carré en moyenne, 445 dans le seul département du Nord) et l’humanisation omniprésente du paysage, qui n’ont de correspondance qu’au nord de la frontière, au Benelux ou en Rhénanie-Westphalie, lui confèrent l’unité que lui refusent les données naturelles. Terre frontière, concentrant le plus grand nombre de champs de bataille de l’histoire de France, la région fut longtemps un glacis militaire quelque peu délaissé, hormis pour son charbon et son acier. Elle cherche aujourd’hui à tirer atout de sa position de contact avec le Benelux et le Royaume-Uni, amplifiée par le tunnel sous la Manche et le carrefour T.G.V. international de Lille (Paris, Londres, Bruxelles).

L’espace naturel

Ici domine un paysage naturel tout en douceur, tout en nuances, qu’animent de grands ciels tourmentés. On les dit trop gris, mais, souvent, la gamme infinie des jeux de lumière, qui ont inspiré tant de peintres, y illumine les nuages. Certes, le relief peut paraître bien plat à celui qui vient de contrées montagneuses, mais il n’est nulle part uniforme. Même la plaine flamande, ce « plat pays » chanté par Brel, entre la vallée de la Scarpe et la mer du Nord, est une mosaïque de petits pays bien individualisés : petits dômes crayeux d’Ostrevent, du Mélantois ou du Weppes élevés au-dessus des vallées ou dépressions alluviales humides (Escaut, Scarpe, Lys...), parfois marécageuses (marais de Saint-Omer, de la Sensée...) ; plaine argileuse de Flandre intérieure (entre 20 et 50 m d’altitude) coupée par l’alignement des monts de Flandre, qui culminent vers 160 mètres ; plaine maritime poldérisée, localement au-dessous du niveau moyen de la mer... Au sud et à l’ouest, le rebord de l’Artois, un talus continu de faible dénivelé – mais un des enjeux stratégiques les plus meurtriers de la Première Guerre mondiale – sépare la plaine de ce qu’il est convenu d’appeler un haut pays, bien qu’il ne dépasse jamais 190 mètres. Tantôt tabulaire, tantôt réduit en collines par le réseau des petits fleuves côtiers et de leurs affluents, le plateau artésien s’abaisse au centre de la région dans le seuil du Cambrésis, plateau surbaissé par où passent depuis l’Antiquité tous les axes de circulation entre le bassin parisien et l’Europe du Nord-Ouest. Son relief se relève et se complexifie à l’ouest où, réduit à un V encadrant la dépression humide du Boulonnais, il s’interrompt brutalement au-dessus de la mer par des falaises abruptes, dont les célèbres caps Gris-Nez et Blanc-Nez. À l’est du seuil du Cambrésis, dans l’Avesnois, les altitudes s’élèvent (251 m au point culminant de la région) à mesure que l’on gravit la retombée boisée de l’Ardenne, et les rivières s’encaissent. Les grandes articulations de ce relief sont commandées par les déformations du socle primaire, sous-jacent à faible profondeur et affleurant parfois. Immergé à plusieurs reprises au Secondaire et recouvert de sédiments, notamment de craie, ce socle s’est déformé à nouveau au Tertiaire. La surrection d’un bombement anticlinal, de l’Ardenne au Weald anglais, a individualisé au sud et au nord deux cuvettes de subsidence : le bassin parisien et le bassin anglo-belge. Sa ligne de faîte partage les eaux entre la Manche, dans laquelle se jettent les petits fleuves côtiers (Authie, Canche, Liane), et la mer du Nord vers laquelle se dirigent l’Aa et les deux grands collecteurs régionaux : l’Escaut (dont sont tributaires la Lys et la Scarpe) et la Sambre (tributaire de la Meuse). L’ensellement de cette dorsale majeure au niveau du Cambrésis explique la présence d’un seuil entre les deux grands bassins sédimentaires. À l’est de ce seuil, le socle se redresse jusqu’au massif ardennais par un plan incliné, recoupant des roches de duretés peu différentes. À l’ouest, le relèvement a fait rejouer les failles et flexures plus anciennes qui jalonnent le rebord du plateau artésien mais, surtout, l’érosion maritime ou fluviatile, profitant de certaines faiblesses tectoniques, a éventré le bombement anticlinal en son sommet, transversalement en y creusant le pas de Calais, longitudinalement en y taillant la demi-boutonnière du Boulonnais. Le plateau d’Artois et le Cambrésis prolongent vers le nord la vaste table de craie crétacée picarde, tandis que, dans la plaine de Flandre, la craie, qui affleure néanmoins en quelques endroits, est recouverte de formations sédimentaires plus récentes et plus variées (argiles, sables, grès) qui expliquent la diversité des paysages. Un manteau de limon (lœss arraché par le vent aux moraines frontales des grands glaciers continentaux quaternaires), parfois épais de plusieurs mètres, empâte une grande partie des versants des zones basses et adoucit le modelé d’un relief déjà peu différencié. Sur les hauteurs, il est souvent décomposé en argiles à silex, beaucoup moins fertiles. Le littoral a été stabilisé plus récemment encore, à l’époque historique. De part et d’autre des caps du Boulonnais s’étirent d’immenses flèches de dunes en arrière desquelles, entre les digues qui les renforcent et le rivage ancien, l’homme a colmaté et asséché un espace primitivement amphibie par un système de canaux, d’écluses et de pompes. Le Conservatoire du littoral a fait d’importants efforts pour préserver les espaces dunaires, les seuls derniers espaces vraiment naturels de la région. La protection s’étend également à une soixantaine d’autres sites, classés pour la plupart depuis les années 1980, et à des parcs naturels régionaux, entourant les dernières zones forestières ou marécageuses de la région (Boulonnais, Audomarois, Scarpe-Escaut, Avesnois). Ici, bois, landes et marais n’occupent qu’une faible part du territoire, utilisé bien plus qu’en moyenne en France par l’agriculture (71 % de la surface) ou consacré à d’autres activités humaines.

Paysages ruraux et paysages urbains

Située au contact des grandes concentrations humaines de l’Europe du Nord-Ouest et des faibles densités picardes, la région se partage entre de larges aires urbaines et périurbaines, couvrant un peu plus de la moitié de sa superficie, et notamment tout l’espace central et presque tout l’espace littoral, et des zones demeurées rurales : 30 hab./km2 dans le canton d’Hucqueliers, le moins peuplé de la région, mais 75 pour l’ensemble des communes rurales de la région (plus que la densité totale de la moitié des départements français). Cependant, bien que la ruralité ne soit profonde qu’au sud d’une ligne Boulogne-Cambrai-Maubeuge, elle s’insinue encore largement entre les espaces bâtis des nébuleuses urbaines. La diversité paysagère provient de la rencontre de deux grandes civilisations agraires : au sud, celle de l’openfield, à champs ouverts et à habitat groupé, caractéristique des campagnes de l’Europe médiane, de la Manche à l’Oural ; au nord, celle des pays de la mer du Nord, à blocs de culture cloisonnés par des fossés, haies ou des rideaux d’arbres et à habitat dispersé ; dans la zone de contact, ces traits s’interpénètrent, notamment dans les zones vallonnées. L’embocagement des parcelles par des haies vives et la prédominance des herbages permanents donnent une tonalité particulière aux deux extrémités de la région, en Boulonnais et en Thiérache. Nulle part, on ne trouve traces de déprise ; le monde rural (510 000 hab.) a conservé une grande vitalité grâce à la proximité des villes et à l’importance traditionnelle des activités non agricoles, malgré quelques menaces de dépeuplement et de vieillissement dans les campagnes les plus éloignées des grandes agglomérations. L’aire urbaine centrale pèse très lourd, avec l’agglomération millionnaire de Lille-Métropole, les trois agglomérations minières de Béthune (260 000 hab. en 1999), Douai-Lens (520 000) et Valenciennes (360 000), les agglomérations d’Arras (83 000) et de Cambrai (50 000) et quelques agglomérations secondaires comme Armentières, Hazebrouck, Saint-Amand-les-Eaux, etc. Elle rassemble plus de la moitié de la population de la région et, avec ses couronnes périurbaines imbriquées, couvre le tiers de la superficie de la région. Le deuxième grand ensemble urbanisé (370 000 hab.) est le triangle formé par les agglomérations de Calais, Dunkerque et Saint-Omer ; puis viennent les aires urbaines de la côte d’Opale avec Boulogne-sur-Mer, Étaples-Le Touquet et Berck (140 000 hab.) et de la Sambre avec Maubeuge et Aulnoye-Aymeries (120 000 hab.). Plus de la moitié des communes de la région sont classées urbaines (550) ou périurbaines (300 environ), mais la plus peuplée, Lille, ne compte que 185 000 habitants, cinq autres seulement de 50 000 à 100 000. C’est dire à quel point la masse urbaine (3,5 millions d’habitants) est étalée plutôt que concentrée, selon le modèle du Benelux. Combien est outrancière l’image du conglomérat industriel – amalgame de cités ouvrières ou de corons , sans grâce ni agrément, bâtis autour des usines ou des puits de mine – invariablement plaquée sur les villes du Nord – Pas-de-Calais ! Certes, une poussée désordonnée des usines et des logements populaires, pendant la révolution industrielle au xixe et au début du xxe siècle, a malmené le cadre préexistant. Elle fut plus ou moins contenue dans les quartiers périphériques ou les banlieues des vieilles villes bourgeoises, mais elle submergea des villes antérieurement de moindre importance, comme Roubaix, et donna naissance à l’énorme nébuleuse du bassin houiller, répétant les mêmes formes urbaines sur 150 kilomètres. La morphologie des centres des villes anciennes, en revanche, s’apparente à celle de leurs homologues de Belgique et des Pays-Bas, villes marchandes construites autour d’un marché devenu grand place. Toutefois, dès qu’elles atteignent une certaine taille, les villes nordistes deviennent des marqueteries d’éléments hétérogènes, imbriqués au cours des phases d’expansion. Un important effort de réhabilitation du patrimoine ancien, mal conservé dans des villes qui ont subi tant de guerres et ont tant aimé adapter leur architecture aux modes du moment, a permis d’exhumer, dans la plupart des villes, d’admirables monuments et façades, allant de la fin de l’époque médiévale à l’art nouveau. L’éclectisme est la règle commune, sauf dans quelques lieux privilégiés comme les Places d’Arras ou l’ensemble de la Vieille Bourse et du Beauregard à Lille, derniers monuments de style régional flamand, quasi inchangés depuis le xviie siècle. Depuis deux siècles, l’influence française domine, avec ses phases d’architecture et d’urbanisme classiques, haussmanniennes puis contemporaines. Les villes du Nord n’ont pas échappé à la banalité des tours et barres périphériques, ni à la marée pavillonnaire puis périurbaine. Celle-ci a eu cependant ici pour effet de créer une continuité entre des agglomérations très proches les une des autres.

Aux origines de l’identité régionale

Une construction territoriale particulière

La frontière franco-belge a coupé un réseau urbain et un peuplement très denses depuis le milieu du Moyen Âge. Lors de la conquête des Gaules, la population était déjà suffisamment nombreuse pour opposer une rude résistance à César. (Les plus anciens fossiles humains de la région remontent à — 700000, la présence de l’Homo sapiens est attestée vers — 38000, les débuts de l’agriculture vers 3700 av. J.-C.) Les Romains organisèrent le territoire en cités correspondant aux anciennes tribus gauloises (Atrébates, Morins, Nerviens et Ménapes) et firent de leurs chefs-lieux les premières villes. Le pays, profondément rural, était cependant encore incomplètement latinisé et christianisé lorsque s’y installèrent les Francs (fin du iiie siècle). Un de leurs chefs, Clovis, en partit deux siècles plus tard pour se tailler un royaume. De ce passé mérovingien subsiste un parler flamand, dérivé de la langue franque. (La frontière linguistique, primitivement établie du sud de l’Artois à la Lys, était déjà remontée jusqu’à l’Aa au moment de la conquête française ; il n’y a plus que la partie ouest de la Flandre française – le Westhoek – qui soit encore bilingue aujourd’hui.) Quant au partage de l’empire franc en 843, il fit de l’Escaut, voie naturelle de communication avec la mer, une frontière majeure, séparant pour près de six cents ans le Hainaut et le Cambrésis, terres impériales, de la Flandre et l’Artois, sous suzeraineté française. Il arriva qu’un même personnage régnât sur ces territoires, mais leur destin n’est devenu définitivement commun qu’à partir du xve siècle. Les invasions normandes, que les rois de France furent impuissants à contenir, précipitèrent la reconstitution, en Flandre, d’un pouvoir politique et militaire autour d’un puissant lignage de comtes, quasi autonomes dès le xe siècle. Ceux-ci s’appuyèrent sur une renaissance économique plus précoce que dans le reste du pays. Le défrichement des forêts, le drainage des marais et des vallées humides, la mise en labour des terres lourdes limoneuses, l’assèchement des plaines maritimes et une réelle avance agronomique permirent un essor agricole et démographique considérable. Villes nouvelles (Lille, Saint-Omer) et villes anciennes revigorées (Arras, Boulogne) tirèrent leur prospérité des activités textiles et du commerce international. Elles obtinrent des privilèges politiques et militaires considérables et devinrent des puissances auxquelles comtes et rois s’affrontèrent ou avec lesquelles ils durent composer durant plusieurs siècles. L’histoire médiévale, ici très troublée, s’acheva dans un climat de crise climatique, économique et sociale, de violences et de mortalité ravageuse (peste noire, guerre de Cent Ans, révoltes urbaines...). La maison de Bourgogne avait rassemblé sous son autorité la totalité des anciens Pays-Bas, de l’Artois à la Hollande, et entrepris de les faire sortir de l’orbite française. Le mariage de la fille de Charles le Téméraire avec l’empereur Maximilien les fit passer, en 1477, à la maison de Habsbourg, qui commença leur organisation en un État unique, mais respectueux de la plupart des particularismes provinciaux. Après la révolte des « Gueux » en 1568 contre Philippe II d’Espagne, plusieurs années de guerre conduisirent, en 1579, à une partition entre les Provinces-Unies au nord, indépendantes et protestantes (Union d’Utrecht), et les Pays-Bas espagnols au sud, catholiques et autonomes de fait sous le gouvernement d’archiducs siégeant à Bruxelles (Union d’Arras). À peine la prospérité fut-elle retrouvée que la région, redevenue frontière, subit les assauts des Français, décidés à en faire « un boulevard inexpugnable à la ville de Paris » (Mazarin). En 1668, la conquête de la région était achevée, bien que la frontière actuelle ne fût définitivement reconnue qu’au traité d’Utrecht en 1713. L’intégration militaire à la France fut plus rapide que l’intégration civile et économique, suffisamment avancée néanmoins au moment de la Révolution française pour que se manifeste une résistance populaire aux envahisseurs autrichiens.

De lourds héritages économiques et sociaux

Le protectionnisme douanier, instauré par le Blocus continental (1806) et maintenu jusque 1860, favorisa un développement industriel de type britannique fondé sur le triptyque textile (assurant à la région une avance sur le reste de la France grâce à l’importation frauduleuse de techniques et de machines anglaises), charbon (le principal gisement houiller national), acier, sur lequel est venu se greffer toute une gamme d’industries dérivées. Une bourgeoisie régionale entreprenante, une liaison ferroviaire entre Lille et Paris ouverte dès 1846, des investisseurs nationaux séduits par l’eldorado nordiste ont emmené la région au faîte de sa puissance économique vers 1900, au deuxième rang français derrière la région parisienne. Une expansion démographique reposant sur une natalité exceptionnelle dans le contexte français, et secondairement sur l’immigration belge, avait fourni la main-d’œuvre ouvrière, logée près des usines dans des conditions très variables, tantôt correctes comme dans le bassin minier du Pas-de-Calais, tantôt sordides comme à Lille, Roubaix, Tourcoing, Calais. Dès le début du xxe siècle, avec la baisse de la créativité, le climat économique et social s’est détérioré. Mais c’est la Première Guerre mondiale, avec une occupation brutale et destructrice et les ravages des bombardements, qui marqua le point d’arrêt de l’avance nordiste. La reconstruction, toujours visible dans l’uniformité du paysage urbain d’une très large trouée de Cambrai à Bailleul, a été une œuvre immense et difficile. Seules les mines (pour lesquelles on sollicita massivement la main-d’œuvre d’immigration polonaise) furent l’objet de l’attention de l’État qui, par ailleurs, s’opposa à la restauration des industries militairement sensibles, comme l’aviation ou l’automobile, à proximité d’une frontière vulnérable. La crise de 1929 frappa une économie régionale encore très fragilisée par les séquelles de la guerre et précipita un retard dont la région ne s’est pas encore remise. La Seconde Guerre mondiale n’arrangea rien, notamment sur la zone littorale où les destructions furent considérables. On espéra beaucoup, après guerre, de la nationalisation des charbonnages et de la restructuration de la sidérurgie, mais elles n’apportèrent qu’un sursis. L’un après l’autre, pour des raisons différentes (épuisement du gisement houiller, obsolescence ou archaïsme de l’appareil de production, disparition des débouchés, passage d’une industrie de main-d’œuvre à une industrie robotisée), chacun des piliers de l’industrie régionale entra en crise dans les années 1960 ou 1970, révélant la fragilité économique de la région et ses retards sociaux. La reconversion industrielle, avec l’implantation, en particulier, de la construction automobile, n’apporta jamais les résultats espérés. Il a fallu attendre la fin du xxe siècle pour qu’un vigoureux processus de modernisation de la société (rattrapage en matière d’éducation et de santé), de l’économie (pari sur quelques pôles industriels et sur la tertiarisation des activités), d’amélioration des conditions et cadres de vie et de renaissance urbaine commence à porter ses fruits.

Le difficile passage d’une économie de labeur à une économie post-moderne

Industrielle, la région l’est restée (troisième rang national, avec de 7 à 8 % du chiffre d’affaires du secteur), mais après un gigantesque renouvellement et une profonde modernisation. L’appareil de production apparaît aujourd’hui beaucoup plus concentré autour des grands pôles urbains (Lille, Dunkerque-Calais, Valenciennes) que diffus sur des bassins comme naguère. L’extraction charbonnière (près de 200 000 emplois à son apogée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale) a totalement disparu au cours des années 1980. La production énergétique demeure néanmoins importante, grâce à la centrale de Gravelines (10 % de la production nucléaire française). Le textile – qui fut longtemps le premier employeur de la région – vient désormais, avec à peine plus de 25 000 salariés, loin derrière les industries mécaniques et automobiles (Française de mécanique à Douvrin, Renault à Douai, Toyota à Valenciennes...) qui en emploient plus de 60 000, et continue à reculer. La métallurgie (avec la première usine sidérurgique de France, à Dunkerque) et surtout l’agroalimentaire ont mieux conservé leurs positions (de 10 à 15 % des emplois nationaux de ces secteurs). La verrerie et la chimie, les caoutchoucs et plastiques représentent également un poids supérieur à celui de la région dans l’industrie française. Cette prééminence de quelques branches cache un peu le fait que la plupart des autres branches sont bien représentées, y compris les secteurs de pointe comme la pharmacie et l’électronique. Mais, globalement, la spécificité industrielle du Nord – Pas-de-Calais a presque disparu : 6,7 % des emplois industriels nationaux (6,4 si on inclut la construction), soit un peu plus seulement que la part de la région dans l’emploi national total (6 %). Le Nord – Pas-de-Calais est aussi une grande région agricole, avec des rendements supérieurs à la moyenne nationale. Il assure, sur moins de 2 % du territoire national, la production de 7 % des céréales françaises, de 15 % des betteraves sucrières et fourragères, de 18 % des pommes de terre et des légumes frais, de 5 % des fourrages et du maïs fourrager. Il convient d’y ajouter 5 % de la production de lait et de 3 à 4 % de la viande bovine ou porcine, des volailles et des œufs. La polyculture associée à l’élevage, sur des exploitations de taille moyenne (35 hectares en moyenne), prédomine encore. Cependant, le nombre d’exploitants (moins de 18 000 en 2000) diminue rapidement, et la concentration impose une plus grande spécialisation, comme partout en Europe. Bien que l’âge moyen des agriculteurs soit demeuré ici inférieur à la moyenne française, et malgré les possibilités de vente directe et de pluri-activité offerte par la proximité de gros marchés urbains, la succession des exploitants est mal assurée. La montée du tertiaire est souvent décrite comme remarquable. Elle l’est en effet, si on regarde les chiffres bruts : 900 000 emplois aujourd’hui, soit deux fois plus qu’en 1960 ; 220 000 pour le secteur secondaire, contre 700 000 en 1960. La mutation paraît énorme ; et pourtant, seul le secteur commercial (avec des spécialisations, comme la vente par correspondance à Roubaix) a été vraiment porteur, celui des transports, dont le conseil régional voudrait faire un des moteurs du renouveau économique, ne fournit encore que 5,8 % des emplois nationaux de la branche. La progression du tertiaire provient moins de la réorientation des activités, conforme à l’évolution générale, que du comblement d’un gigantesque retard dans le domaine des services. L’alignement sur les moyennes nationales n’est cependant acquis que dans les domaines de l’éducation et de la santé, où l’État et les collectivités se sont vigoureusement investis. Il ne l’est ni dans le domaine de l’administration publique, ni dans celui des services aux particuliers, des services aux entreprises, et encore moins des activités culturelles et de la recherche. La mutation des activités et leur changement de localisation n’ont pas été indolores. Récurrente depuis les années 1960, la crise économique et sociale a frappé successivement toutes les zones de la région : le taux de chômage demeure depuis des décennies le plus élevé des régions françaises (avec un record de 16 % en 1996), aggravant les processus d’exclusion auxquels on n’a pas plus échappé ici que dans les autres grandes concentrations urbaines françaises. Il faudra encore du temps avant que toutes les séquelles (économiques, humaines et paysagères) de l’effondrement de l’ancien édifice industriel disparaissent. Mais, de rattrapages en reconquêtes, de mutations en renouveaux, de projets en réalisations, les conditions d’une embellie semblent dorénavant réunies.

L’avenir du Nord serait-il au nord ?

La région a conservé quelques atouts traditionnels, comme la fécondité et la jeunesse de sa population – qui la classent aux premiers rangs européens – ou un certain attachement au travail et à l’industrie. Elle dispose en outre maintenant d’un potentiel de formation remarquable avec une gamme étendue de grandes écoles et d’instituts universitaires de technologie, sept universités et leurs laboratoires de recherche. Elle possède les capacités logistiques internationales demandées par les entreprises en matière de transports, communications, informations, réseaux de services, conseils et finances. Elle a appris à valoriser ses sites naturels, ses immenses plages et ses paysages, son patrimoine monumental et culturel considérable, ses musées exceptionnels (notamment le palais des Beaux-Arts de Lille), l’animation festive et commerciale de ses villes. De région dépréciée, elle est devenue région touristique, mais ses voisins étrangers semblent avoir été plus vite séduits par son renouveau que les Français. La fréquentation européenne en témoigne : Lille n’est-elle pas devenue la première destination de week-end des Anglais en Europe ? Rien d’étonnant, donc, à ce que la région attende beaucoup de la formidable ouverture qu’offrent le tunnel sous la Manche, le carrefour T.G.V. international de Lille et le raccordement des autoroutes françaises au réseau belge. Pour mieux en bénéficier, elle s’est lancée dans de grands projets d’accompagnement (à Lille, à Calais, à Valenciennes...) et dans de véritables politiques transfrontalières. Elle est déjà la première région française (hormis l’Île-de-France) pour les investissements internationaux (en premier lieu américains) et celle qui vit le plus en symbiose avec les régions étrangères limitrophes.

P.J. Thumerelle

Bibliographie

· S. Dormard, L’Économie du Nord – Pas-de-Calais : histoire et bilan d’un demi-siècle de transformation, Septentrion, Villeneuve-d’Asq, 2001 · Le Nord de la préhistoire à nos jours, Bordessoules, Saint-Jean-d’Angély, 1988 · D. Paris dir., Le Nord – Pas-de-Calais, une région d’Europe en mouvement, La Documentation française-Reclus, Paris, 1989 · Le Pas-de-Calais de la Préhistoire à nos jours, Bordessoules, Saint-Jean-d’Angély, 1989 · Les Pays du Nord, Christine Bonneton, Encyclopédies régionales, Paris, 2002 · Petit Guide de prospective Nord – Pas-de-Calais 2020, éditions de l’Aube, La Tour-d’Aigues, 2000 · P.-J. Thumerelle, Atlas du Pas-de-Calais, Horvath, Lyon, 1993.


PICARDIE

Article écrit par Pierre-Jean THUMERELLE

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un espace de transition

Située entre les régions Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais, très peuplées, la Picardie, avec 1 858 000 habitants en 1999, fait figure de région rurale, sinon de désert relatif, bien que la densité de son peuplement (96 hab./km2) avoisine la moyenne française (107) et que sa population comprenne près de deux tiers de citadins. Certes, ses deux agglomérations principales, Amiens et Creil, ne comptaient en 1999 que 160 000 et 97 000 habitants ; mais on y dénombre plus de cent autres agglomérations, modestes (Compiègne, 70 000 hab. ; Saint-Quentin, 69 000 hab. ; Beauvais, 60 000 hab. ; Soissons, 45 000 hab.) ou petites, qui procurent à la région un solide maillage urbain et industriel. La Picardie est en effet à la fois la première région ouvrière de France, avec encore un tiers de sa population active employée dans l’industrie, et une des premières régions agricoles : 36 % de la production nationale de betteraves à sucre, 28 % de celle de pommes de terre, 13 % de celle du blé, 10 % de celle de l’orge, etc.

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organisation du maillage des transports en Picardie

Diversité et unité

Le nom de Picardie, apparu au xiiie siècle, s’appliqua primitivement à une aire linguistique, celle du picard – étendue jusqu’en Wallonie – avant de se restreindre, au xvie siècle, aux pays, longtemps morcelés en multiples entités administratives, situés entre l’Île-de-France et les anciens Pays-Bas. L’unité de ce territoire a toujours eu du mal à s’affirmer, et cela est encore vrai bien qu’il ne regroupe que trois départements : l’Aisne, l’Oise et la Somme. Son histoire fut longtemps celle d’un glacis protégeant Paris et le cœur du royaume de France des coups de main des voisins septentrionaux, flamand, anglais, puis espagnol ou autrichien. Ce rôle, peu propice à l’affirmation d’une conscience régionale, lui fut encore dévolu durant la Première Guerre mondiale. Le développement urbain et économique contemporain a par ailleurs renforcé les multiples tendances centrifuges : le sud de l’Oise, principal foyer économique de Picardie, appartient à l’aire d’attraction quotidienne de Paris (12 % des actifs picards exercent leur profession en Île-de-France) ; le nord-ouest de l’Aisne a conservé d’importants liens industriels et commerciaux avec le département du Nord ; les régions de Château-Thierry et de Laon sont tournées vers la Champagne.

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La polarisation de l’espace francilien sur la Picardie en termes d’emploi

Seuls le département de la Somme et Amiens paraissent vraiment concernés par l’affirmation d’une identité picarde. Contrairement à ce que l’on observe dans la plupart des régions françaises, la géographie physique confère à la Picardie plus d’unité que le milieu humain. Cette région correspond presque exclusivement aux bassins hydrographiques de l’Oise et de la Somme, auxquels ne s’ajoutent que des portions de ceux de la Marne, au sud-est, et de deux petits fleuves côtiers, l’Authie et la Bresle, au nord-ouest. Les altitudes se relèvent quelque peu en Thiérache, au contact de l’Ardenne, au nord-est ; mais ailleurs elles ne dépassent pas 200 mètres. Partout dominent de grands horizons tranquilles que soulignent, plus qu’ils ne le rompent, l’enfoncement des vallées et la forte déclivité des coteaux qui bordent les plateaux. Ici la géologie est peu tourmentée ; le relief n’est rythmé que par les douces ondulations et les différences de dureté des couches sédimentaires empilées dans la cuvette du Bassin parisien.

Paysages et patrimoine

Au nord s’étend la grande plaine de craie du Crétacé, couverte d’un épais limon de lœss sur lequel s’est très tôt épanouie la grande culture ; les vallées, humides et souvent même marécageuses, y déroulent des rubans verdoyants dans un paysage de champs ouverts, dénudés. Au sud, l’érosion a davantage affouillé la succession d’affleurements calcaires, argileux ou sableux de la fin du Secondaire et du Tertiaire. Le relief y est morcelé en plateaux étroits (Valois, Soissonnais, Vexin), rompus par des vallées plus encaissées et ourlés de talus et de buttes plus ou moins escarpés. Mais la diversité du paysage y provient davantage de la couverture végétale qui comprend les très grandes forêts circumparisiennes (Chantilly, Halatte, Compiègne, Ermenonville, Villers-Cotterêts) et des vergers et des vignes (région de Château-Thierry). Au sud-ouest, dans le pays de Bray, l’éventration d’un bombement anticlinal par l’érosion a donné naissance à un relief plus vigoureusement vallonné, couvert de prairies et de haies. Le bocage recouvre également les terres argilo-marneuses de Thiérache, l’autre « petite Suisse » de Picardie. Bien que peu étendu, le littoral picard offre une variété exceptionnelle de sites naturels, avec, du nord au sud : les dunes et marais du Marquenterre – renfermant un parc ornithologique de 2 300 hectares ; les mollières (marais) de l’estuaire de la Somme, émergées à marée basse – haut lieu de la chasse aux oiseaux migrateurs ; l’épais cordon de galets des Bas-Champs – en arrière duquel de vastes marais littoraux ont été en grande partie poldérisés et asséchés ; de hautes falaises de craie qui annoncent celles du pays de Caux. Les stations balnéaires (Le Crotoy, Saint-Valéry-sur-Somme, Cayeux-sur-Mer, Mers-les-Bains...) y sont modestes, à l’image d’une région qui a surtout développé le tourisme rural ou fluvial. Ce sont cependant ses châteaux (Chantilly, Compiègne, Pierrefonds, Bagatelle, Bertangles, Villers-Cotterêts...), ses parcs et jardins (Ermenonville, Valloires, Oigny-en-Valois, Orgeval...) et ses cathédrales gothiques (Amiens, Beauvais, Laon, Noyon, Senlis, Soissons) qui font la renommée de la Picardie. Mais la Picardie s’enorgueillit aussi de ses abbayes (Corbie, Vauclair, Braine, Saint-Michel-en-Thiérache, Saint-Riquier...), de ses musées (Amiens, Beauvais, Abbeville, Laon, Saint-Quentin...), de ses arts et traditions populaires (verrerie, tapisserie, broderie, velours, vitrail, orfèvrerie... ; tir à l’arc, longue-paume, marionnettes...), de sa gastronomie et du souvenir des penseurs, écrivains ou artistes qui y vécurent (Calvin, La Fontaine, Racine, Alexandre Dumas, Jules Verne, Van Gogh...). L’abondance des fortifications (Guise, Coucy...), des souterrains-refuges (Naours) et des sites et musées historiques, depuis la préhistoire (Samara) jusqu’à la Première Guerre mondiale (Chemin des Dames, clairière de Rethondes...), témoigne de l’âpreté des convoitises que la Picardie a suscitées. Cœur du territoire franc – Clovis fit de Soissons sa capitale, les Carolingiens furent couronnés à Laon et Hugues Capet à Noyon –, le territoire fut disputé entre la monarchie capétienne et les maisons princières de Vermandois et de Champagne puis de Normandie-Angleterre et de Flandre-Bourgogne, avant d’être totalement et définitivement rattaché à la couronne en 1477. Devenue grenier à blé de la capitale, la Picardie a associé dès le Moyen Âge des activités industrielles (rurales et urbaines) à ses activités agricoles. Mais son économie est demeurée essentiellement une économie de production car la proximité de la capitale nuit au développement d’activités tertiaires supérieures.

Activités et développement

La Picardie est une grande région de production agricole. L’épaisse couche de limon qui recouvre les vastes surfaces horizontales des plateaux (Santerre, Vermandois, Soissonnais, Laonnois, Vexin) a permis un remarquable essor des cultures céréalières et industrielles, sur de grandes exploitations mécanisées : blé et orge, mais aussi betteraves sucrières et pommes de terre, colza, haricots et petits pois de plein champ (la Picardie est la première région productrice de légumes de conserve). Mais l’agriculture picarde produit aussi du maïs et des fruits dans le Valois, du champagne sur les coteaux de la Marne et de ses affluents ; on trouve du maraîchage dans les fonds humides des vallées, notamment celle de la Somme (hortillonnages d’Amiens), et de l’élevage laitier en Ponthieu et Vimeu et surtout en pays de Bray et de Thelle, à l’ouest, et en Thiérache au nord-est. En 1999, le secteur agricole fournissait 7 % du P.I.B. régional (deux fois la moyenne nationale). L’industrie picarde est à la fois concentrée sur quelques grands foyers manufacturiers (Creil, Saint-Quentin, Amiens...) et très dispersée sur les villes petites ou moyennes de l’espace rural du nord et de l’est de la région, dont elle est souvent l’activité motrice. En 1999, on dénombrait en Picardie près de 7 500 établissements industriels (dont 50 de plus de 500 salariés), et 7 700 établissements dans le secteur de la construction et des travaux publics. Les branches les plus caractéristiques sont l’agroalimentaire (tous les grands groupes européens y sont représentés) et les biotechnologies, la chimie et la plasturgie, le travail des métaux et les constructions mécaniques, qui occupent chacune plus de 10 % des effectifs employés par l’industrie. Le textile et l’habillement, jadis si importants dans les villes comme dans les campagnes, viennent désormais loin derrière. Si les aléas de la mondialisation et la délocalisation des unités de production sont éprouvants pour les principales agglomérations, ils sont souvent dramatiques pour les petites ; une grande partie de la Picardie est rudement touchée par les fermetures d’établissements. Parce qu’elle fait partie de la couronne industrielle externe de l’aire urbaine parisienne et que la création ou l’implantation d’entreprises y compense les disparitions, la basse vallée de l’Oise, avec son industrie lourde mais aussi de nouvelles industries à haute technologie (notamment à Compiègne), paraît mieux préservée que la partie septentrionale de la région.

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Des axes qui traversent la région

La Picardie a pris conscience de ses faiblesses en matière de développement tertiaire et de nouvelles technologies industrielles et plus généralement de conditions de vie : le taux de chômage est important (10 % en 2002), l’espérance de vie à la naissance des habitants un des plus bas de France (en 1999, 73,3 ans pour les hommes, 81,2 ans pour les femmes). Malgré la valorisation de ses espaces naturels et de récréation, de son immense patrimoine rural et urbain, et l’amélioration de la qualité de vie, la Picardie souffre d’un déficit d’attractivité, hormis aux abords de la région parisienne. La fécondité des femmes picardes permet néanmoins de compenser le déficit migratoire (— 1,6 p. 1000 par an entre 1990 et 1999) et de préserver la croissance (+ 0,3 p. 1000 par an) et la jeunesse de la population (27 % de moins de vingt ans). Le retard scolaire a été comblé, y compris en matière d’enseignement supérieur (universités d’Amiens et de Compiègne, Institut supérieur agricole à Beauvais et Institut supérieur des sciences et techniques à Saint-Quentin). Cependant, bien qu’elle se soit dotée de zones d’activité à vocation technopolitaines à Amiens et Compiègne, la Picardie souffre toujours de la faiblesse du secteur recherche-développement. Elle s’efforce de mieux structurer l’important réseau de communication national et international qui la traverse (autoroutes A1, A16, A28, A26, T.G.V.) mais la dessert mal. Amiens n’est, par exemple, relié que depuis peu à ces grands axes de circulation et aucune voie rapide ne relie entre elles les principales villes de la région. La Picardie espère beaucoup du doublement du T.G.V. Paris-Calais, via Amiens, et de celui de l’autoroute A1, ainsi que de la mise au gabarit de navigation européen de l’Oise et du canal du Nord, qui lui permettrait de valoriser sa position intermédiaire entre Paris et l’Europe du Nord et du Nord-ouest.

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Une carte de synthèse

P.J. Thumerelle ·

Bibliographie

· J. Callens, Mille Ans d’histoire dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, La Renaissance du livre, Tournai, 2002 · J. Estienne et al., La Picardie, Encyclopédie Bonneton, Christine Bonneton éd., Paris, 1992 · P. Flatrès, Atlas et géographie du Nord et de la Picardie, Flammarion, Paris, 1980 · R. Fossier dir., Histoire de la Picardie, Privat, Toulouse, 1988 · S. Girard, Flandre, Picardie, Larousse, Paris, 1988 · P. Pierrard, Histoire du Nord : Flandre, Artois, Hainaut, Picardie, Hachette, 1981 · Pays du Nord : Nord-Pas-de-Calais, Picardie, périodique, éd. Freeway.

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